A Montréal, le 28 juillet dernier, Ariana Grande chantait son single "petal", du même nom que son opus, pour la toute première fois en public. Le titre aux accents presque rock s'inscrit dans une pop plus sombre que ce que les fans ont eu l'habitude d'entendre de la part de la chanteuse à la voix claire, et donne le ton de l'album.
Avec une direction artistique centrée sur le noir et blanc, "petal" est mû par un travail d'introspection manifeste. Dans une interview donnée à Apple Music, l'artiste de 33 ans livre ainsi ses inspirations de manière très claire : "J'ai écrit cet album à partir d'une émotion qui était nouvelle pour moi : une rage sans filtre".
Une nouvelle facette d'Ariana Grande
La tendresse du fameux pétale qu'elle a choisi en guise de titre pour son album cache un tout autre message : Ariana Grande a été en colère, et a utilisé ces ressentis pour composer douze chansons aux paroles acérées et centrées sur un amour déchu, sans que l'on sache pourtant distinctement qui est évoqué.
"Je pense que les fans vont ressentir de la proximité et du réconfort en écoutant cet album, parce que je l'ai créé à partir de plusieurs parties de moi", confie l'interprète de "7 Rings" tout en ajoutant que "petal" reste "expérimental et différent".
Là où "Eternal Sunshine" tournait autour d'un cœur brisé assez contenu, "petal" apporte un vent de vengeance mêlé de désir aux apparences très sages des compositions habituelles. Dans le single éponyme, temps fort de la tracklist après "hate that i made you love me" qu'elle avait déjà partagé, il y a quelques semaines, Ariana Grande explicitait une forme de lucidité très brute :
But I am not the victim / Bitch, I'm practically drowning in my blessings / It's bye, this time for real / Tired of painting endless pictures of a life that isn't mine - Mais je ne suis pas une victime / Je croule littéralement sous les bénédictions / C'est fini, cette fois pour de bon / J'en ai marre de peindre sans fin des tableaux d'une vie qui ne m'appartient pas.
Une pop plus minimaliste
Tout en conservant des productions mainstream très accrocheuses comme dans les titres "big feelings" ou "like i do", Ariana Grande affiche sa volonté de créer des sonorités plus planantes et éthérées, à l'image de l'entrée en matière "kiss me" ou de "oh well". Elle varie les rythmes et les plaisirs, notamment avec "bad thing (bunny hop)", chanson dans laquelle elle dépose les armes et avoue avoir "perdu son temps" à cause de certaines relations.
Avec "petal", Ariana Grande signe un album équilibré, à la croisée des genres, comme un test pour entrer dans une nouvelle ère plus dénudée, inspirée par des sentiments profonds et une introspection qui semble assez salvatrice.