Fin février, le cabinet Deloitte a publié en partenariat avec OpinionWay un « baromètre de l’humeur des jeunes diplômés ». L’étude se penche sur les attentes des jeunes concernant leur vie professionnelle et vis-à-vis de la vie active. 1 002 diplômés ont été sondés, tous titulaires d’un diplôme de niveau bac à bac+5 depuis moins de trois ans. Ils sont en poste ou en recherche d’emploi dans le secteur privé. Et c’est un bilan assez positif qui est dressé par cette analyse. Les jeunes ont moins de mal à trouver du travail, et de moins en moins parmi eux songent à s’expatrier. L’espoir renaîtrait-il ?
Le réseau, la clé pour trouver un emploi ?
Les jeunes semblent avoir désormais compris que Pôle Emploi(LIEN avec l’article Recherche de travail, quand vous devez vous débrouiller sans Pôle Emploi publié plus tôt dans le mois) n’était pas toujours la meilleure solution pour les aider. 41% des sondés déjà en poste révèlent ainsi avoir trouvé leur emploi grâce à leur réseau. Ils sont 25% à avoir trouvé leur travail via une annonce. La tendance générale semble donc être à la débrouillardise et à l’inventivité : ce ne sont plus les universités ou Pôle Emploi qui aident les jeunes à trouver du travail. Les diplômés doivent désormais user d’intelligence pour développer et utiliser un réseau encore petit, mais la stratégie semble en tout cas porter ses fruits. En moyenne, ils ont envoyé 21 CV et sont passés par quatre entretiens dans différentes structures avant de décrocher leur emploi. (Ce qui équivaut à un entretien pour 5 CV envoyés.)
Une recherche d’emploi moins longue ?
Cependant, s’ils ont moins de mal à trouver un emploi, c’est également parce que le taux d’emploi est le plus fort depuis 2012, selon l’étude du cabinet Deloitte. 77% des sondés sont donc de jeunes actifs. Une statistique qui concerne d’ailleurs 76% des sondés de moins de 25 ans. L’étude, très optimiste, affirme d’ailleurs que la durée moyenne pour trouver un emploi est désormais de 8 semaines, quand elle s’élevait à 11 semaines en janvier 2015. Des chiffres à relativiser, quand on sait qu’une étude de l’Apec datant de 2015 affirmait que 40% des jeunes diplômés à bac+5 étaient toujours sans emploi un an après leur diplôme. L’étude de Deloitte met cependant en lumière l’amorce d’un changement.
Les startups ne séduisent plus autant les jeunes
Faire partie d’une entreprise jeune et innovante, un mode de travail « à la Silicon Valley », la vie en open space… Si les startups séduisaient les jeunes dans de récentes études, il semblerait désormais que la tendance s’inverse. Eh oui, 53% des sondés préfèrent travailler dans des entreprises de taille intermédiaire ou des PME ! Ils ne sont que 10% à souhaiter intégrer une startup. De la même façon, les entreprises connues, celles issues du CAC40 ou le quatuor des GAFA (Google, Apple, Facebook ou Amazon), ne séduisent plus les jeunes.
En revanche, les valeurs qu’ils souhaitent retrouver dans une entreprise sont globalement les mêmes que celles évoquées dans une étude parue en 2016. Les jeunes diplômés souhaitent avant tout des horaires flexibles (87%) et de l’autonomie (78%). Et la moitié d’entre eux souhaitent créer un jour leur propre entreprise.
Rester en France, finalement, pourquoi pas ?
84% des jeunes interrogés pour l’étude Deloitte voient leur avenir professionnel en France. Quant à ceux qui souhaitent toujours s’expatrier, ils sont désormais attirés par les pays européens davantage que par les Etats-Unis. Et si les sondés souhaitent rester en France, c’est avant tout pour la qualité de vie qu’on y trouve (33%) et en raison de la peur de l’inconnu (24%).
En définitive, l’étude publiée par le cabinet Deloitte laisse à penser que la situation s’améliore pour les jeunes actifs en recherche d’emploi. Reste à savoir si la tendance va se maintenir, question importante en cette période d’élections. En attendant, 75% des jeunes diplômés se considèrent comme « les grands absents » de la campagne présidentielle…
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