Le -
modifié le -

Muse : « The Resistance » est en marche

The Resistance, le cinquième album de Muse, sort ce lundi 14 septembre. Retrouve le reportage vidéo autour de cet événement à l’occasion de la venue de Matthew Bellamy et Dominic Howard dans les studios d’NRJ.

L’interview de Chris Wolstenholme, bassiste de Muse, réalisée par Emeline Marceau :



Pourquoi avoir choisi d'appeler ce nouvel album The Resistance ?
Pas mal de raisons peuvent expliquer ce choix. Aujourd'hui, on vit dans un triste monde où tout est contrôlé. On devrait avoir le droit de dire ce que l'on pense, de protester paisiblement. C'est une des significations à donner à ce titre. Nous n'avons pas à être satisfaits de nos politiques. Uprising, la première chanson de l'album, parle notamment de ça. Il faut donner de la voix sans crainte.

Pourquoi avez-vous choisi de mixer ce nouveau disque avec Mark "Spike" Trent ?
Nos deux derniers albums avaient été mixés par Rich Costey. Leur son était assez rock. On a voulu s'en éloigner sur ce nouvel album. On a fait appel à Spike. Il a travaillé sur pas mal de projets pop comme Oasis, Madonna, et je crois qu'il a même fait quelques trucs pour les Spice Girls. On s'est dit que l'album ne devait pas forcément contenir que des guitares lourdes ou des grosses batteries. On voulait essayer d'avoir quelque chose de plus pur, de plus net dans le son. La façon dont il a mixé ce disque permet de l'entendre parfaitement d'ailleurs. Chaque instrument sonne comme il doit sonner. Les nouvelles chansons n'ont rien à voir avec ce que l'on a pu faire dans le passé. Uprising, par exemple, est dansante, aérée.

Avec l'expérience que vous avez accumulée, cet album a-t-il été plus facile à concevoir ?
Non pas forcément. On joue les chansons encore et encore. Parfois, tu attends que quelque chose se passe, que quelqu'un arrive avec des parties musicales. Nos chansons sont ouvertes. On peut ajouter des choses, des arrangements, les modifier, etc. Après, ce sont les paroles qui apportent du sens aux morceaux. La voix de Matthew est très dynamique, il peut faire beaucoup de choses avec. Il ne chante jamais de la même manière. C'était surtout différent car on a produit ce nouveau disque nous-mêmes, sans que l'on ait eu à plaire à un producteur. En revanche, je pense qu'on a fait cet album plus vite.

Vous êtes allés l'enregistrer en Italie à ce qu'il paraît ?

Oui, on était dans un super studio où l'on pouvait travailler exactement comme on le souhaitait. D'habitude, quand tu payes un studio, tu ressens une sorte de pression parce que tu dois contrôler le temps. Tu regardes sans cesse ta montre en te disant que tout le travail doit être terminé à temps. Ce n'est pas agréable. Là, c'était différent dans notre propre studio. On avait le temps de rentrer à la maison régulièrement pour se ressourcer. On se noie dans la musique tout le temps donc il faut sortir, s'éloigner parfois du studio.

Vous avez fait appel à un orchestre symphonique sur quelques titres. Que tirez-vous de cette expérience ?
On a réalisé quatre titres avec un orchestre. C'était chouette car c'est un mode d'enregistrement complètement différent. Les violons sont beaucoup plus présents sur ce disque. Il devait y avoir une vingtaine de musiciens. En revanche, avec un orchestre tu ne peux pas vraiment jouer live. Une fois que c'est enregistré, c'est fini. Si tu te plantes pendant que tu joues, tu dois repayer une heure de studio! (rires). Personnellement, j'ai raté les sessions de cordes car j'étais malade.

Qu'est ce que vous abordez principalement dans vos textes ?
Il y a beaucoup de sujets. On doit avouer qu'il y a quelques chansons d'amour dans cet album, c'est le cas pour des morceaux comme The Resistance ou Guiding Light. Les trois derniers titres symphoniques sont évidemment différents. Ils parlent de nos erreurs, de ce que l'on doit apprendre d'elles, de réflexions autour de la manière dont évoluent les choses, etc. C'est un album qui évoque vraiment beaucoup de choses, complet.

Vous représentez un groupe culte pour beaucoup de fans. Cela vous a-t-il mis la pression pour faire ce nouvel album ?
Ce n'est pas vraiment de la pression. On a le souci de vouloir avant toute chose faire une musique que nous aimons. Quand tu fais plusieurs albums qui te satisfont, tu espères toujours que le prochain sera quand même meilleur. Mais il y a des éléments que tu ne peux pas contrôler par la suite. Ce qui est assez flippant quand tu y penses, c'est de composer un album et ensuite d'aller le faire découvrir au monde : on ne peut pas contrôler le goût des gens, savoir s'ils vont aimer ton disque ou pas. Donc, tu dois juste faire ce que tu aimes jouer, quitte à partir vers d'autres directions. Beaucoup de fans on pu être fans de nos premiers albums et ont ensuite été déçus, tout comme il y a des gens qui aiment nos anciens morceaux et nos nouveaux. Tous nos albums sont différents en somme. C'est forcément difficile de plaire à tout le monde.

Avec le recul, que pensez-vous de votre premier album Showbiz?

Je considère davantage Origin of Symetry comme notre véritable premier album. Pour beaucoup de groupes, un premier disque n'est pas véritablement écrit comme un album en tant que tel, il représente plutôt une série de vieux titres entassés parfois depuis plusieurs années, avant même que le groupe ne se soit formé. Le premier album se construit un peu comme une compilation de tes meilleures chansons. Le second est différent, car il est définitivement écrit comme un album. Ce n'était pas le cas pour Showbiz qui contient tellement de vieilles chansons... Je l'ai justement réécouté récemment mais d'une manière différente, comme si c'était un autre groupe qui l'avait enregistré. Aujourd'hui, on ne sonne plus de la même façon. La voix de Matthew a changé, la basse et la batterie sont jouées différemment, etc. Il y a quand même de bonnes chansons dans ce disque, même si évidemment, il sonne jeune car on avait la vingtaine, voire 16 ans quand on a écrit des titres comme Cave.