Odin Sphere Leifdrasir ou Leifthrasir (le titre change entre le dashboard de la console, l'écran-titre, la position du soleil... c'est très pratique) est un mix Action et RPG mettant en avant cinq héros liés par un même destin, la fin du Monde, l'histoire de l'Armageddon. Si vous souhaitez plus de précisions concernant la base du jeu, on vous invite à relire notre Preview.
De la démo au jeu final
Si la démo existe, sachez qu'elle n'a pas grand chose à voir avec le jeu. Ainsi on rassure les sceptiques, vous ne passez pas d'un désert aux montagnes enneigées puis aux terres des morts à chaque nouvel écran, l'idée était de vous montrer différents décors en peu de temps. Le jeu ne se résume pas non plus à quelques coups au corps à corps et à de l'expérience récupérée sur vos victimes pour grimper de niveaux. C'est un peu plus subtil que ça !
Vous débloquerez de nombreuses techniques tout au long de l'histoire, dont certaines bien planquées (mais avec un indice dans l'arbre de talents sur son emplacement), et ferez pousser des aliments pour manger différents plats qui vous donneront un gros boost d'expérience. L'alchimie est aussi au programme avec de nombreuses potions à concocter. Quant au découpage scénaristique, sachez qu'il n'y a pas de sélection de héros mais une ligne très précise à suivre. Vous jouerez donc tour à tour les scénarios de Gwendolyn, puis Cornelius, Mercedes, Oswald et Velvet, qui ont chacun un prologue, six actes et un épilogue à vous conter (environ six heures de jeu par héros). Une fois les cinq histoires terminées, vous passez au livre final, l'Armageddon, pour un dernier prologue, cinq actes au lieu de six et un épilogue. On peut regretter ce choix linéaire, mais Vanillaware avait pour une fois quelque chose à vous raconter, et c'est plutôt pas mal.
Le cahier Vanillaware
Si vous avez déjà joué à Muramasa ou Dragon's Crown, vous connaissez indirectement Odin Sphere car le studio change rarement sa base. Qu'il s'agisse du scrolling en 2D, de la musique si particulière, de la manière de raconter l'histoire ou de vous faire intervenir avec les différents PNJ du jeu, et ce rapport étonnant à la nourriture, les trois Action RPG ont de nombreux points communs. En revanche, Odin Sphere est plus simple mais aussi mieux raconté et plus rythmé.
Depuis sa version PS2 sortie en 2008, le gameplay a beaucoup évolué et a tenu compte des progrès effectués au fil des ans. La prise en main est donc moins rigide et vous pourrez le constater en essayant le mode Classique. En revanche, il est impossible de switcher entre les deux versions car la sauvegarde est différente.
À la frontière du chef d’œuvre
S'il s'agit bien du meilleur RPG réalisé par le studio et d'un grand jeu tout court, Odin Sphere frôle constamment le statut de chef d’œuvre sans jamais l'atteindre. Ce constat, on le doit à son inévitable redondance car les cinq héros traversent les mêmes décors et affrontent quasiment les mêmes boss. Mercedes varie parfois les situations en proposant des tableaux de quelques secondes sous la forme d'un shoot them up (vraiment quelques secondes !).
Mais concrètement, si le gameplay change à chaque héros, le joueur a l'impression de refaire les mêmes choses. Et peut trouver absurde de recroiser les mêmes ennemis avec toujours ce discours hautain alors que c'est la cinquième fois qu'on les tabasse. « Toi l'avorton, tu espères me vaincre ? », « Tu es fort, je ne m'y attendais pas, je te laisse passer »... oui, oui. Pour autant, ne boudons pas notre plaisir, car Odin Sphere Leifthrasir est globalement une réussite. Mais surtout un régal pour les yeux et les oreilles qui se donnent les moyens de vous charmer avec une traduction française intégrale et le choix des doublages, anglais ou japonais.