Limbo est sans doute le jeu qui peut réconcilier les détracteurs avec le genre indé, très en vogue dans le milieu bobo vidéoludique. Tout simplement parce qu'il n'a d'indé que la catégorie, sa direction artistique est sublime, moderne, son gameplay est simple mais redoutable, et il ne fait jamais ressentir un aspect low cost « on fait du graphisme NES car c'est hype en 2016 ». C'est juste un grand moment de jeu vidéo aussi court que fantastique. Et on pouvait croire un moment que les Danois avaient eu un coup de chance, mais Inside enfonce le clou avec une aventure encore plus riche et toute aussi exceptionnelle. Ces gars-là sont des génies.
Deux touches suffisent
Inutile de chercher un gameplay complexe, ici tout se joue avec une touche pour sauter et une autre pour attraper des choses. On pousse des caisses, on actionne des mécanismes, tout est très instinctif et ne nécessite donc aucun tutoriel. D'ailleurs le jeu débute immédiatement, sans passer par un menu principal. Inside mise tout sur l'ambiance et le mystère, c'est au spectateur de reconstituer lui-même les pièces du puzzle pour comprendre ce qu'il est, ce qu'il doit faire et où il va. Le jeu totalise douze niveaux et deux fins pour une durée de vie tournant autour des quatre heures. Et n'allez pas nous dire que c'est court car il vaut mieux acheter un chef d’œuvre furtif qu'un ersatz interminable et «redonchiant» tel qu' Unravel. Inside n'est ni trop long, ni trop court, il est simplement parfait.
Une ambiance folle
Dès le prologue, Inside donne le ton. Le joueur incarne un enfant poursuivi par des adultes qui n'hésitent pas à l'électrocuter, l'étrangler, le noyer, lui tirer dessus... bref, se faire attraper n'est jamais une bonne chose, on rappelle d'ailleurs qu'il s'agit d'un jeu 18+. Ici, il faut constamment se cacher, trouver la zone d'ombre qui nous permet d'avancer. Mais n'y voyez rien de pénible car le rythme est habilement calculé pour éviter toute forme d'ennui ou de redondance.
Les niveaux s'enchaînent et les situations ne se ressemblent pas, comme les énigmes qui rappelleraient un mauvais souvenir de bad trip après une soirée trop arrosée. On attire ainsi des oiseaux dans une machine pour qu'ils se fassent aspirer avant de ressortir percuter violemment une meule de foin. Cette dernière servira à atteindre un lieu surélevé. On contrôle mentalement des cadavres pour actionner un mécanisme qui nécessite le poids de vingt individus, avant de fuir devant une fille aux cheveux longs et noirs inspirée du chef d’œuvre de l'horreur à la japonaise, Ring. Ici tout est fou, démesuré, inexplicable, telle une matérialisation de nos pires cauchemars. Mais stop, on en a déjà trop dit... courez le télécharger.