L’annonce de la réforme des masters remonte à septembre dernier. Interviewée pour le journal Les Echos, la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem avait annoncé sa volonté d’instaurer une sélection des étudiants à l’entrée du master, et non à la fin du M1… soit à mi-parcours. Cette sélection devrait être opérationnelle à la rentrée 2017. « L'idée est de finaliser une proposition courant octobre avec les différents acteurs, qu'elle puisse être soumise à la communauté universitaire », a annoncé la ministre dans son interview pour Les Echos. Et aucun obstacle ne semble se dresser sur la route de cette réforme, qui a donc été validée par le Sénat lors d’un vote à main levée pendant la dernière semaine d’octobre.
Une sélection qui aura lieu à l’entrée du M1
A l’heure actuelle, la sélection des étudiants a lieu à la fin du M1, soit exactement au milieu du master, qui est une formation en deux ans. Une telle sélection prenait tout son sens lorsque les diplômes du DESS ou du DEA, accessibles à bac+4, existaient encore. Le paradoxe étant que, malgré la disparition de ces diplômes, la sélection à bac+4 a été conservée. La sélection à l’entrée du M2 se fait souvent sur dossier et entretien (c’est le cas pour les Masters Professionnels, par exemple), mais aussi par tirage au sort.
Au printemps dernier, le ministère de l’Education nationale a adopté un projet de décret qui permet à près de 1 300 masters de sélectionner leurs étudiants entre leur première et leur seconde année. Un procédé auquel viendrait définitivement mettre fin la réforme proposée par Najat Vallaud-Belkacem.
Quid des étudiants refusés à l’entrée du master ?
Le 4 octobre dernier, les directeurs d’écoles d’ingénieurs, les présidents d’université et les organisations étudiantes et syndicales ont signé un accord concernant la sélection à l’entrée du master. Résultat des négociations : les recteurs feront désormais trois propositions aux étudiants qui auront été recalés à l’entrée du master. L’une d’entre elles devra obligatoirement être située dans la région académique, et dans la mesure du possible dans l’établissement dans lequel l’étudiant aura obtenu sa licence. Bonus : Najat Vallaud-Belkacem, dans une autre interview des Echos, garantit un fond d’aide à la mobilité, accessible sur critères sociaux, pour les étudiants qui devraient suivre un master éloigné de leur établissement d’origine. Un accord « historique », selon la ministre, qu’elle qualifie de « compromis à l’allemande ».
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