Est-ce que tu pourrais nous présenter ton parcours ?
Mon bac S en poche (2010), comme j’ai une bonne tendance à la flemmardise, je n’avais pas envie de passer par la case prépa. J’ai donc opté pour la Fac.
Le fonctionnement du cerveau m’a toujours intéressé : j’ai choisi la psycho à l’Université Descartes (Paris V). C’était très intéressant mais pas très intense…
Comment as-tu mis un pied dans l’univers du gaming ?
A la fin de mon M1, suis entré en stage à l’Ecole 42. Il s’agit d’une école de développeur gratuite et sans condition de diplôme, initiée par Xavier Niel. La sélection se fait au mérite. Pas de profs, pas de cours, quasi pas de notes… les étudiants apprennent à coder à travers des projets.
L’objet de mon stage c’était de transposer des mécanismes de jeux vidéo à des outils pédagogiques. Concrètement l’étudiant qui atteint des objectifs gagne des points d’expérience qui vont lui permettre d’accéder à un niveau supérieur. C’est la gamification du réel : la transposition de mécanismes ludiques à la vraie vie.
A l’issue de ce stage j’ai décidé d’entrer à l’Ecole 42 mais en tant qu’étudiant. Et là j’ai eu une super opportunité : grâce à un partenariat avec HEC j’ai pu participer à un programme de 3 mois pour apprendre à monter une start-up.
Et justement, comment est née Pandascore ?
Bon déjà j’ai toujours été fan de jeux vidéo… et suis passionné de basket dans le réel.
L’idée de Pandascore a commencé à germer dès fin 2014 : il existe beaucoup de statistiques dans l’univers du sport, mais pas dans celui des jeux vidéo alors qu’il y a de plus en plus de compétitions eSport… J’ai eu envie de développer quelque chose avec Jonathan Retterer (24 ans, co-fondateur de Pandascore). Il est ingénieur, on s’est connus en jouant ensemble…
En septembre 2015 naissait officiellement Pandascore, start-up spécialisée dans la fourniture de datas, des statistiques prédictives sur des matchs de eSport.
Un an plus tard où en êtes-vous ?
On a pu bénéficier d’un programme d’incubation au NUMA, on a levé des fonds en juin… Aujourd’hui on est 6 : 2 associés, 3 salariés et 1 temps partiel.
Comment se passe ton quotidien de chef d’entreprise ?
Il y a deux moments dans la vie de la boîte : au début on faisait tout (levée de fonds, codage, commercial, etc.). Maintenant mon job c’est d’être un facilitateur : gérer l’équipe, chercher de l’argent, trouver une mutuelle, des bureaux…
Quelles sont les prochaines étapes ?
Aujourd’hui Pandascore est fournisseur de stats sur les compétitions de jeux vidéo, on collabore avec des médias, des sites spécialisés… Mais notre objectif pour 2017 c’est aussi de travailler sur les paris e-sportifs : ils ont besoin de statistiques pour créer des cotes.
A plus long terme on va s’intéresser à d’autres secteurs : on analyse la performance des joueurs mais demain on pourra le faire sur un salarié, un sportif… D’ici 10 ans c’est éléments de quantification seront partout.
Chef d’entreprise à 23 ans, ce n’est pas un peu prématuré ?
J’ai quand même eu quelques expériences en entreprise qui m’ont donné un aperçu de la lenteur des grosses boîtes. Et puis finalement quand on est jeune on n’a pas de référentiel, donc on se lance sans limites, sans a priori.
Et puis dans l’écosystème des start-ups c’est plutôt habituel.
Quand les gens connaissent mon âge il y a toujours une levée de sourcil, mais c’est pas forcément un signe négatif.
Finalement les investisseurs s’en soucient peu, ça devient plus compliqué quand il s’agit de trouver un appart…
Des conseils à prodiguer à des jeunes qui souhaitent se lancer ?
Bougez-vous le cul ! Chez Pandascore, je demande toujours aux candidats s’ils ont orchestré des projets, réalisé des choses personnelles, sans y être obligé… c’est ce que recherche un recruteur, en tout cas dans l’univers des start-ups, et particulièrement quand il s’agit de jeux vidéo : votre passion doit transpirer. Cet engagement a une valeur de dingue, bien plus qu’un diplôme de polytechnique.
Pour en savoir plus : pandascore.co