Selon une étude publiée en mars dernier par le gouvernement (en partenariat avec l’observatoire des statistiques), il y a 42% de filles en Terminale scientifique. Quant aux femmes titulaires d’un doctorat scientifique, leur nombre est encore plus faible : elles ne sont que 35%, contre 39% en 2016. Selon cette même étude, les filles sont pourtant de meilleures élèves que les garçons. Elles sont ainsi plus nombreuses à décrocher des mentions Bien ou Très Bien au bac (31% de filles contre 28% de garçons), y compris quand elles sont en Terminale S (38% de filles décrochent ces mentions, contre 33% de garçons).
Alors, comment expliquer la minorité de filles dans les filières scientifiques ? Première piste : les filles seraient mal orientées à l’issue du collège et du lycée, en raison d’une méconnaissance globale des métiers scientifiques. La seconde serait que les garçons sous-estiment les capacités des filles dans les domaines techniques, ce qui découragerait les étudiantes de poursuivre dans cette voie.
Une vision stéréotypée de la filière scientifique
Le nombre de filles en filière scientifique est minoritaire, mais il est aussi en déclin. Le 30 novembre 2015, l’étude annuelle de MutationnElles-Y Factor indique une baisse notable des femmes qui étudient dans les filières techniques (-6 points en informatique et -2 en ingénierie en dix ans) et scientifiques (-5 points). La même étude montre pourtant que les femmes sont satisfaites des conditions de travail dans ces domaines, ainsi que de l’équilibre qu’il permet entre vie professionnelle et vie privée.
D’après un article publié sur Le Monde en décembre 2015, les parents n’incitent pas forcément leurs filles à se tourner vers des filières scientifiques et techniques, en raison d’une vision stéréotypée de ces métiers. C’est en seconde et en terminale que l’orientation se joue, et que les lycéens doivent être informés des différentes filières et de leurs débouchés. Or, ça n’est pas forcément le cas. A tel point que l’association Elles bougent a récemment diffusé une liste de propositions destinées au domaine de l’éducation, dans le cadre des présidentielles. L’association préconise une sensibilisation des lycéennes, mais aussi de leurs parents, aux filières des sciences et de l’ingénierie.
La discrimination des étudiantes
Cependant, le manque d’informations concernant les filières techniques n’est pas le seul facteur de la défection des filles dans ce domaine. Il en existe un autre, peut-être plus tabou, et certainement beaucoup moins médiatisé, qui a fait l’objet d’un article de Slate en février 2016.
Si la biologie demeure un domaine relativement mixte, les études de physique ou d’ingénierie comportent une écrasante majorité de garçons. En cause : un sexisme latent, qui découragerait les étudiantes. Une étude relayée par la revue scientifique Plos One révèle que les étudiants surévaluent les compétences des garçons, qu’ils estiment supérieurs aux filles même quand ces dernières ont de meilleurs résultats. Les auteurs de l’étude ont mis en avant le fait que les étudiants prennent plus la parole en cours que leurs camarades féminines. Or, comme le fait remarquer Sarah Eddy, qui a participé à cette analyse, dans un communiqué, les jeunes femmes ont besoin d’être soutenues afin de poursuivre leurs études scientifiques… où elles sont déjà en minorité. Si leurs camarades masculins les discréditent, continuer à étudier dans ce domaine peut être très difficile.
Pour attirer les filles dans les filières, un changement des mentalités, et surtout une campagne d’information massive, semblent être les solutions. Qui les mettra en place ?
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