Et de fil en aiguille, au moment de la sortie du maxi "Trans Boulogne Express", ils voulaient un remix. Je venais juste de signer avec UWE et ils se sont dit : "demandons au nouveau venu de s'y coller". Pour l'album, il y avait un problème de production.
Ils s'étaient déjà engagés sur la prod avec d'autres gens. L'album aurait pu sortir en mars dernier mais ils ont eu un nouveau management. Ensemble, ils se sont dit que le son était light et pas forcément fou, un peu confus... On avait déjà joué ensemble et passé quelques soirées épiques. Ils m'ont demandé de reprendre les pistes, j'ai fait de la production avec le mixage de l'album et de la réalisation avec mon regard artistique."
Alors on se demande : comment trouve-t-il le temps de composer son album quand on voit tout ce qu'il produit et tous ces remixes, aussi excellents les uns que les autres (Booba, M83, Tahiti 80, Mika, Kaiser Chiefs, etc) : "C'était chaud mais j'aime bien bosser comme ça, c'est pas que j'aime ça, j'en ai besoin.
Et surtout, je suis obligé de faire des trucs en même temps. J'aime bien travailler dans l'urgence, je ne pourrais pas être bloqué sur un truc et me dire pendant six mois "je fais mon album et je ne fais que ça sans faire de projets pour d'autres gens et sans autres dates le week-end". Je deviendrais dingue et finirais à l'hôpital psychiatrique.
Parce que je psychote beaucoup. J'ai tendance, quand je passe trop de temps sur un titre, à le détester.
Quand je bosse sur un morceau à moi, je bosse 4 heures, une matinée et au pire une journée le lendemain, et le surlendemain je fais autre chose.
La semaine suivante, je reviens dessus et entre temps je commence d'autres projets pour avoir du recul. Je peux me dire que ce morceau est pas mal, sinon, si je suis sur un seul projet, je commence à tout jeter et tout casser."
Au vu de son super rendement, l'enfant terrible Yuksek connaît-il parfois l'angoisse face à un morceau qu'il ne trouvera jamais assez bien, le fameux syndrome du morceau jamais fini ? "Non, ça va, je n'ai pas ce problème-là.
J'ai des potes qui sont comme ça et je crois c'est l'horreur absolue ! Des mecs hyper talentueux qui ont des albums à sortir avec des morceaux d'une minute trente et qui ne savent pas comment finir...". Ouf ! Heureusement, sinon on n'aurait pas eu la chance d'entendre ses bombes !
Cet artiste ne baigne pas dans la tendance et réfute toute affiliation branchouille, ainsi ses envolées psychédéliques viennent directement de son inspiration et non de l'influence de MGMT, "qui n'est pas un courant en soi".
Et surtout, même si ses tubes n'ont pas fini de résonner en clubs, ce grand fan d'Aphex Twin connaît bien l'électro déviante : "la 8-bit, j'ai plein de vieux synthés Casio..."
Un musicien que l'on aimerait rencontrer plus souvent.
Son album "Away From the Sea" paru chez Has Been - Barclay est disponible.