Lors d'une écoute privilégiée de 808's & Heartbreak en sa présence, Kanye West a expliqué qu'il a voulu faire un opus personnel et exprimer qui il était. Techniquement, ce disque est basé sur l'autotune (sorte de vocoder) et 'Ye' a décidé de retranscrire ce qu'il voulait faire au moment où il voulait le faire. Une sorte d'écriture instinctive.
Quand le son lui plaisait, il le gardait sans penser si c'était du hip-hop ou pas. Il avait à l'esprit une multitude de références de peintres, de designers et de films pour écrire ses chansons. Souvent il a enregistré la chanson en cinq minutes sur un freestyle. L'écriture de l'album ne lui a nécessité que trois semaines. Et il a pris des risques.
Loin des formats club habituels, 808's & Heartbreak s'ouvre avec une intro épique avec du piano (que l'on retrouvera tout au long de l'album, tout comme les cordes et les percussions) épicée de blips électro géniaux.
Le deuxième morceau verse dans les cordes et voit l'apparition de l'autotune sur fond d'ambiance dense et sombre. Puis, il se poursuit avec un track d'un format hip-hop plus classique, mais sans être vraiment fat, qui finit par céder la place à des percussions très Michael Jackson. Kanye West s'adonne beaucoup plus à des ballades et à différentes expérimentations.
Pas de gros tubes à l'horizon du style Good Morning ou Stronger. Il y a tout de même ce Paranoid, qui mêle un beat hip-hop des années 1980 avec des boucles électro très nineties. Il faut reconnaître que l'effet autotune peu lasser... voire irriter les fervents amateurs de pure hip-hop.
L'opus se clôture avec un morceau "énorme" enregistré en live, Pinocchio Story, triste et émouvant, dégageant une sincérité démentielle.
Parmi les featurings, on retiendra Lil Wayne sur See You in My Nightmares et Young Jeezy sur Amazing.
Kanye West se dégage de ses gros tubes et opère un changement au charme piquant et incantatoire. Un bel opus à prendre ou à laisser comme dirait Kanye, de toute façon il n'en a que faire ! Malgré toute sa candeur, il a quand même un certain côté mégalo. Ce qui est très déconcertant.