Romain a 33 ans. Un beau brun d’1m83 qui nous raconte Les Petites Tables, côté coulisses, lunettes sur le nez et sourire aux lèvres.
Pourrais-tu déjà nous présenter ton parcours ?
Après l’obtention d’un Master 2 en management, j’ai bossé dans le marketing. J’ai toujours été passionné par les réseaux sociaux et le digital.
Suis tombé amoureux de la gastronomie à Londres, à l’occasion d’un job chez un Caviste.
Après 1 an en Angleterre, je suis rentré en France avec l’envie de m’orienter vers la publicité. J’ai travaillé à Nantes dans une agence pendant 3 ans, d’abord comme assistant du directeur de création, puis en y créant un pôle digital.
J’ai participé à la création de sites web à la chaîne, rencontré beaucoup de start-uppers… Cela m’a donné envie de me lancer.
Comment sont nées Les Petites Tables ?
De ma rencontre avec Thomas Le Gourrierec, mon associé. Il est journaliste, critique gastronomique, et travaillait sur un guide région à Nantes. On est devenus copains. Thomas me disait qu’on pouvait manger à Paris pour moins de 10€, je ne le croyais pas. Et de fil en aiguille on a voulu en faire un concept. J’ai quitté mon job et on a franchi le pas.
On a dessiné la plateforme « à la mano », et en moins d’1 mois elle était en ligne. Le hic c’est que c’était une coquille vide… Alors on est partis, Thomas et moi – carnet à la main et appareil photo sur l’épaule – sillonner la capitale.
En janvier 2015, Les Petites Tables étaient nées.
Pourrais-tu nous présenter le concept du site ?
Les Parisiens ont énormément d’occasions de sorties mais pas forcément un budget illimité. Les Petites Tables sélectionne pour les internautes des restos parisiens à moins de 10€, comprenant un menu entrée-plat ou plat-dessert, mais pas de sandwich ni de kebab. On ne diffuse que des contenus de qualité, qu’il s’agisse de textes, photos, vidéos…
Qui sont les abonnés des Petites Tables ?
Nos études révèlent qu’on n’est pas à la tête d’une communauté de radins malins qui veulent des coupons de réduction. Plutôt des parisiens hédonistes qui cherchent un bon rapport qualité prix et sont en quête de recommandation.
Le succès est au rendez-vous, tu as des chiffres ?
Sur le site on avoisine aujourd’hui le million d’utilisateurs, soit 1 parisien sur 4.
Sur Facebook on totalise presque 28000 fans, et j’insiste sur le fait qu’on n’a jamais acheté de fans.
La Newsletter compte plus de 22000 abonnés auxquels on envoie 1 bon plan chaque semaine.
Cet été on a orchestré un événement, l’Apéro Caché, qui a remporté un gros succès.
La presse a beaucoup parlé de nous, sans qu’on communique. Il y a eu des articles sur Les Petites Tables dans les Inrocks, Le Parisien, Madame Figaro, Slate, une double page cet été dans le Guardian…
Les Petites Tables ont pu bénéficier d’un bel accélérateur, pourrais-tu nous parler du NUMA ?
Il s’agit d’un dispositif de soutien pour les entrepreneurs et innovateurs.
Parmi 600 candidats, 22 start-ups ont été sélectionnées, dont Les Petites Tables. On a pu bénéficier de 4 mois ½ d’accélération : locaux, workshops, conférences, ateliers… et du suivi de 2 entrepreneurs.
Cela nous a beaucoup aidé, ils nous ont appris le nerf de la guerre : « test and learn »… même si tu n’es pas convaincu, toujours essayer.
A l’issue du programme il y a un gros show final, on a eu de belles retombées presses, c’était un super exercice.
Vous avez rencontré des difficultés ?
Déjà faut tout le temps mesurer pour prendre des décisions. Il faut donc déterminer des indicateurs quantifiables et pertinents (KPI). Ce n’est pas toujours évident. Surtout qu’il faut apprendre à définir un coût pour chaque chose. Les investisseurs nous interrogent en permanence sur notre « burn rate » (combien tu brûles chaque mois) et notre « cash flow » (combien il te reste de liquidités). Faut savoir anticiper.
Il y a aussi la culture d’entreprise : c’est compliqué de construire une équipe, cela prend du temps, c’est usant, on a tous la tête dans le guidon et pas toujours le temps d’accorder nos visions.
Quelle est la prochaine étape ?
Aujourd’hui on recherche des fonds pour deux raisons :
- Grossir l’équipe : on est un média, faut qu’on produise du contenu.
- Développer la vision : on a besoin de lancer une application mobile pour développer plus rapidement le concept.
Les Petites Tables peuvent se décliner dans toutes les capitales du monde. Et même sur d’autres verticales de prix.
Est-ce que tu aurais un conseil à prodiguer à un jeune star-upper ?
Ne pas hésiter à en parler un maximum. A Paris il existe beaucoup d’endroits pour se faire conseiller, et bien s’entourer, dès le départ. Il ne faut pas rester seul dans son coin. Même si on a peur de se faire piquer l’idée : une idée ça ne sert à rien, c’est une idée exécutée qui vaut quelque chose.
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