Cela vous est sûrement déjà arrivé : en voulant regarder une vidéo, ou en lisant un article, vous tombez sur une publicité pour un jeu en ligne. L’image représente souvent une guerrière ou une magicienne très légèrement vêtue, à la taille fine et aux formes généreuses. Ces campagnes montrent bien que le jeu vidéo est encore majoritairement pensé pour un public masculin. Or, les hommes sont très loin d’être les seuls à jouer ! Une étude du Pew Research Center, publiée en 2015, démontrait d’ailleurs que 48% des femmes jouent à des jeux vidéo aux Etats-Unis (que ce soit sur ordinateur, console, tablette ou mobile), contre 50 % d’hommes. Des statistiques qui indiquent une quasi parité chez les gamers. Et pourtant, les femmes ne sont pas – encore – reconnues. Mais la situation progresse.
Des modèles médiatisés qui font progresser les choses
« Le côté sexiste c'est la même chose qu'IRL, quand une fille fait un "métier de mec", elle va malheureusement se prendre plein de préjugés dans la figure. Il faut juste qu'elles affirment leur statut de gameuse et à force de frags et de temps, elles se feront une place. » Ce commentaire, signé Lapin26, est affiché dans un article titré Sexisme chez les gamers : Les gameuses en parlent. Alors, les gameuses arrivent-elles à se faire une place dans l’univers impitoyable du jeu vidéo ? Les choses avancent, doucement.
En France, Alexia Mengus (aLx), championne du monde de Counter Strike, fait parler d’elle. Tout comme la gameuse Kayane, qui contribue à faire évoluer les mentalités. A 25 ans, la jeune femme est joueuse professionnelle depuis l’âge de neuf ans. En plus d’avoir remporté de nombreux prix dans des compétitions mondiales (elle figure dans le Guinness World Records du nombre de podiums dans des tournois mixtes de jeux de combat), elle est aussi chaque semaine sur NRJ GAMES ! La jeune femme est médiatisée, et permet de donner un autre visage du jeu vidéo. Surtout si l’on prend en compte sa spécialité : le jeu vidéo de combat !
Les joueuses professionnelles ne vivent pas (encore) de leur statut
Pour participer à des compétitions de haut niveau, les gamers s’entraînent en moyenne trois heures par jour. Et si les gameuses participent aux compétitions de haut niveau au même titre que les hommes, seules ou en équipe, les inégalités demeurent frappantes. Dans un article de Femme Actuelle paru l’année dernière, Alexia Mengus indiquait qu’aux championnats du monde de Counter Strike, son équipe a remporté 5 000 dollars, contre… 50 000 pour l’équipe masculine. De plus, si l’on compte en moyenne trois tournois par mois pour les hommes, seuls deux à trois par an existent pour les femmes.
La plupart des joueuses professionnelles cumulent ainsi leur activité de gameuse avec un autre métier. Certains gamers professionnels peuvent se passer d’une autre profession. En Belgique, par exemple, des équipes entières peuvent être gérées par une association, qui finance leurs déplacements et leur logement dans une gaming house. Le salaire d’un joueur professionnel peut aller jusqu’à 500 000 euros par an.
Si les joueuses parviennent à trouver un sponsor, elles peuvent se rendre aux compétitions tous frais payés. Mais de là à en vivre, il y a encore du chemin. Certaines joueuses comme Kayane encouragent les équipes mixtes. Pour le moment, les équipes féminines restent minoritaires, et les équipes masculines demeurent majoritairement méfiantes à l’idée d’accueillir des femmes dans leurs rangs. Pourtant, pour les gameuses, la situation continue à évoluer petit à petit. Après tout, Kayane n’organise-t-elle pas régulièrement des « Kayane Sessions », qui regroupent des joueurs masculins et féminins, avec pour objectif de créer une vraie communauté ? La route est encore longue pour les gameuses. Mais elles sont sans aucun doute en train de creuser leur sillon.
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