La PlayStation 4 est assurément la console baston par excellence. Street Fighter V, Guilty Gear Xrd Revelator, BlazBlue Central Fiction en fin d'année, sans oublier The Last Blade 2 et KOF 2000, ou des jeux plus discrets tels que Dengeki Bunko Fighting Climax de Sega au Japon ou l'absurde Nitroplus Blasterz... son catalogue exclu fait tourner la tête des joueurs Arcade. Par conséquent, il n'est pas évident de s'y faire une place et SNK a eu bien du mal à convaincre son public avec l'annonce de KOFXIV. Il faut dire que techniquement, le joueur ne s'attendait pas à une telle laideur environnementale. Et le jeu à présent disponible ne change guère la donne.
Dieu que c'est moche
The King of Fighters XIV n'est pas simplement le jeu de combat 3D le plus laid de sa génération, il est aussi le moins esthétique. Cette licence qui, hier encore, faisait pleurer la concurrence avec son casting dopé au charisme (Kim, Mai, Blue Mary, K', Iori, Kyo, etc), réussit à massacrer tous ses héros avec un moteur d'une génération surannée. Résultat, les combattants manquent de détails, les visages sont globalement horribles et les décors manquent d'animation.
Mention spéciale à la Muraille de Chine qui donne l'impression d'être encore au stade bêta, lorsque les développeurs testent différentes choses avant d'y intégrer des éléments en background pour lui insuffler un peu de vie. Alors non, KOFXIV n'est pas beau. Et rend sourd ! Il suffit d'entendre les premières notes du thème de la team Psycho Soldier, ou le remix scandaleux de Esaka pour avoir envie de couper le son. Le thème de la team Yagami sauve les meubles, mais on est loin de la bande-son du 96.
Revenez, c'est pas fini
À ce stade, on peut dire que le bilan n'est pas mitigé, il est effroyable. Certains diront que l'esthétique ne fait pas tout, que l'on achète un jeu de baston pour son gameplay... mais ici, on aime le full package, surtout quand on a grandi avec la génération Neo-Geo. Mais soyez rassurés, sa baston est impeccable. Un peu flottante en comparaison aux KOF 94 - 2002, mais à des kilomètres du massacre Maximum Impact (les premiers essais de la série en 3D).
En fait, le gameplay de l'épisode XIV est proche de l'hommage. Car si les Strikers (ces combattants que l'on invoque pour allonger un combo, améliorer une défense, etc) ne sont pas présents, on retrouve la majorité des coups et combos phares de la série. Ainsi, un enchaînement qui passait dans le 95 passe encore aujourd'hui, permettant à chaque génération de «KOF-eur», de retrouver certaines bases. Et d'en apprendre de nouvelles à l'aide du mode Défi... même si SNK ne s'est pas bien foulé en ne proposant que cinq exercices par combattant.
Du contenu, du vrai
Mode Histoire, Versus, Training, Online (on espère que vous êtes à la fibre...), cinquante combattants de départ, des centaines d'artworks à débloquer (anciennes jaquettes Neo, vieux visuels, une vraie mine d'or pour les groupies), une chose est sûre, SNK a mis le paquet pour convaincre son public et pardonner sa plastique peu avantageuse. Ce qui n'est pas le cas de tous... mais arrêtons de blâmer Capcom, la blague a assez duré.
Bref, The King of Fighters XIV est laid, ses animations manquent de fluidité, son boss de fin est affreusement moche (un hommage à Tekken 3 ?), les musiques font mal aux oreilles (90% d'entre elles), et il aura bien du mal à convaincre les curieux vu le catalogue déjà disponible. Mais les joueurs de KOF l'ont su à la seconde où le Versus s'est lancé et qu'ils ont pu poser leurs mains sur un pad ou un stick arcade : sa baston fait honneur à la série. Alors tant pis si l'emballage n'est pas à la hauteur, la boite est pleine et il y a de quoi tenir jusqu'à la sortie du XV.