On dit « préféré des Français » car tout joueur chauvin qui se respecte encourage les rares titres en provenance de chez nous. Car oui, Styx est un gobelin élevé en France et en plein air dans les herbes hautes des Yvelines ! Cela ne se voit sans doute pas sur son visage ingrat, mais plus dans son humour cynique et cette capacité à râler tous les dix mètres. C'est aussi pour ça qu'on l'aime.
Et plus encore cette année avec une suite à Master of Shadows (sorti en 2014 sur PC, PS4, Xbox One) particulièrement aboutie. Et vous pourrez le constater avec l'ouverture des frontières, déjà entrevue durant les quelques niveaux joués lors de notre preview.
Il est libre Styx
Sans évoquer le monde ouvert, Shards of Darkness va élargir l'horizon des joueurs et ajouter une verticalité à chaque décor pour libérer son imagination.
Désormais, chacune des missions propose plus d'embranchements et plus de manières d'atteindre un objectif. On évoquerait presque le cousin de Dishonored 2, même si les deux jeux ne jouent tout de même pas dans la même cour.
On apprécie aussi le petit boost graphique donnant un peu plus de variété à un paysage autrefois terne, redondant et techniquement faiblard. Tous les décors ne sont pas réussis, on garde encore un mauvais souvenir des mines, mais globalement Cyanide réalise du beau travail.
Quarante nuances de Styx
Cette année, notre gobelin s'amuse avec son inventaire et ses capacités pour offrir toujours plus de possibilités sur le terrain.
Vous pouvez donc fouiller chaque recoin du décor pour ramasser la matière première qui servira à crafter de précieux objets à l'atelier d'alchimie. Ou utiliser vos points d'expérience pour développer son arbre de talents et débloquer quarante capacités différentes, dont une ultime au bout de chaque branche.
Et des capacités qui vont aussi bien améliorer son craft que sa perception, ses possibilités de fuite (Styx est fragile, autant éviter le combat), et l'utilisation diablement jouissive de son clone. Car notre petit homme peut faire apparaître un double pour piéger un ennemi, attirer l'attention, ou même permuter de position.
Et bonne nouvelle, si vos compétences ne vous plaisent pas, vous pouvez retirer les points pour les basculer ailleurs.
Lilo et Styx
Mais ce que l'on préfère cette année, c'est évidemment l'ajout d'une coopération qui permet à deux joueurs d'enchaîner les neuf niveaux en binôme.
Les deux joueurs profitent de ce décor plus ouvert pour encercler l'ennemi, le piéger en l'attirant dans une zone, synchroniser les meurtres, ou invoquer les clones pour leur faire perdre la tête. On redoublera simplement de vigilance durant la seconde partie de l'histoire, notamment pour ne pas déranger ces satanés insectes à l'ouïe surdéveloppée (heureusement, ils sont aveugles !).
Bref, sous ses airs de petit jeu sympathique se terre un titre plus ambitieux, parfaitement pensé pour les amateurs d'infiltration, et à la durée de vie généreuse pour tout compléter (comptez quarante heures pour le 100%).
Alors certes, le mois de mars est sacrément bouché vu les sorties fabuleuses, mais jetez-y un œil, il ne vous décevra pas.