De prime abord (quelle jolie formule), Star Ocean cinquième du nom est le jeu de rôle détestable. Celui qui donne envie de balancer sa manette de rage lors d'un pic de difficulté absurde. Notamment celui où le joueur enchaîne deux combats difficiles dont un boss hargneux, avec une longue cinématique entre les deux qu'il ne peut évidemment pas couper. Au bout de neuf tentatives, le pad rencontre généralement le sol.
Mais vous allez comprendre qu'en dépit de ses innombrables défauts, Star Ocean : Integrity and Faithlessness est à la fois un mauvais JRPG et le plus excitant de disponible sur PS4. Et surtout que les pics de difficulté sont le résultat de votre mauvaise gestion du système de jeu
J'ai rien compris !
Alors on va tenter d'être plus précis. Star Ocean 5 est un mauvais RPG si l'on se concentre sur les points essentiels et attendus d'un jeu vidéo de 2016. C'est à dire qu'il n'a aucun scénario et ne fait aucun effort pour en proposer un. Il y a bien un personnage principal super relax accompagné de son amie d'enfance super amoureuse. Ou un méchant qui intervient à trois heures du générique de fin comme si son rôle n'avait aucune importance. À la manière de Final Fantasy Type-0.
Les décors fermés à l'architecture minable ne dépaysent pas lors des heures de farming. La centaine de quêtes annexes se résument à consulter un tableau dans différentes villes pour aider la population locale. L'absence de voyage rapide jusqu'à la fin du jeu force les innombrables aller-retours détestables. Et pour couronner le tout, nous avons terminé le jeu en vingt-cinq heures dans la difficulté la plus élevée de départ (on en débloque deux autres ensuite), dont dix heures à farmer pour valider la moitié des quêtes annexes et un donjon bonus. Alors oui, c'est scandaleux et indigne des productions actuelles. En cela, Star Ocean 5 est un mauvais RPG.
Mais alors pourquoi c'est bien ?
Car le JRPG n'est pas forcément un cahier des charges précis. Là où Final Fantasy va miser sur le confort visuel et une mise en scène spectaculaire, Star Ocean va tout miser sur son système de combat. Un système qui va vous pousser à gérer parfaitement la garde, les tactiques de renverse, la position des alliés et la stratégie globale, si vous jouez dans les difficultés supérieures bien entendu. Et cette année encore, tri-Ace cartonne en proposant une gestion de rôles qui fait toute la différence entre un combat amusant et un système ultra calibré et maîtrisé.
À chacun son rôle
Au départ, le joueur dispose de quelques rôles et c'est en les améliorant avec ses PC (récoltés à chaque combat) qu'il va pouvoir en débloquer de nouveaux. Ainsi, sa Miki complètement idiote qui reste au corps à corps, va devenir une soigneuse experte, toujours en retrait pour soigner efficacement tout le groupe ou ressusciter les morts. Sa Anne, faible comme un moineau paraplégique, va encaisser les dégâts et devenir un tank exceptionnel, qui peut se soigner à chaque coup donné.
Et que dire de Emmerson, qui avec +150% de dégâts, annihile le boss de fin en quelques secondes sans sourciller. Il perd aussi 150% de défense mais vu qu'il combat à distance, ce n'est pas vraiment un handicap. Bref, Star Ocean c'est ça ! Cette envie de vous amuser avec ses stratégies, ses rôles, avoir le répondant pour attaquer la difficulté Chaos débloquée après avoir fini le tutoriel (le jeu en normal). Là, vous attaquerez l'Ethereal Queen du jeu (le boss star de la série), apprécierez le système de combat et oublierez l'aspect brouillon des premières heures. Et comprendrez pourquoi vous avez bien fait d'acheter le jeu. Ne le voyez pas comme le JRPG ordinaire bien calibré, mais plutôt comme un jeu de baston tactique avec un emballage RPG. Et n'imaginez pas vous balader en mode Chaos avec tous les bonus d'une première partie, à la manière d'un Tales of Zestiria. Car vous conservez uniquement les trophées de combat (une liste de techniques à exécuter) et quelques items dont un bracelet qui bloque votre XP à 0% à récupérer à la première auberge.
La vraie déception
S'il fallait citer un problème évident du jeu, ce serait son manque d'ambition. Car vous allez débloquer des spécialités, des métiers comme la pêche, l'alchimie, la cuisine ou la menuiserie. Mais tout se résume à un menu austère dans lequel vous allez créer tous les objets. La pêche est une aura au bord d'un lac sur laquelle vous appuyez pour ramasser automatiquement le poisson. Il n'y a aucune interaction amusante, rien.
On apprécie le fait de débloquer quelques aides pratiques comme l'affichage des ennemis sur la carte, le crochetage pour les coffres spéciaux, ou les conseils débiles de l'oracle, mais en 2016... on méritait tellement mieux. Et quid des emotes ? C'est censé amuser qui d'applaudir, prier ou danser pendant les innombrables cinématiques ? Alors non, tri-Ace a manqué cruellement d'ambition et cela ne fait que s'ajouter à l'absence de scénario, le décor et la mise en scène ratée. Alors on adore le combat et on l’achète uniquement pour ça. Mais encore une fois, il faut bien comprendre que Star Ocean 5 n'est pas un Final Fantasy plus coloré.