Avec l'avalanche de sorties, vous n'avez peut-être pas encore craqué pour Mirror's Edge Catalyst. De notre côté, il nous a fallu un peu de temps pour digérer la bêta et ce nouveau cahier des charges trop éloigné du génie du premier épisode, d'où notre avis tardif. Mais c'est fait ! Le solo bouclé, les missions annexes balayées d'un revers et l'abandon pur et simple de la collecte d'objets étalés n'importe comment dans le décor pour grossir notre pourcentage de trophées (plus de 700 objets à ramasser... même Ubisoft n'a jamais osé). Et il faut bien l'admettre, même si la déception est évidente, DICE maîtrise son parkour FPS... ou FPA pour Action plus que Shooter. Et il nous semble difficile aujourd'hui de le maudire totalement. Ce constat, on le doit tout simplement à son feeling.
Elle est libre Faith
Une touche pour aller vers le haut, une autre pour glisser vers le bas et une dernière pour effectuer un demi-tour à 180°. Trois touches ! Il n'en faut pas plus au studio suédois pour créer tout un système de parkour fantastique où le joueur alterne les trois gâchettes pour courir sur les murs, se retourner, sauter à la verticale et attraper la plate-forme supérieure. C'est fluide, rapide, technique, mais surtout grisant et ultra jouable.
Le joueur apprend au fil du jeu à maîtriser Faith pour arpenter son décor différemment et trouver des raccourcis incroyables, mais surtout nécessaires à l'accomplissement des différentes courses en temps limité. Ces courses sont d'ailleurs l'atout cœur du jeu, le moyen de retrouver le génie du premier Mirror's Edge et la raison pour laquelle nous pouvons conseiller l'achat du second. Son challenge ! Les défauts en revanche sont nombreux, et concernent tout le nouveau cahier des charges.
C'est la cata-lyst
Et cela commence par cet arbre de talents qui soulève bien des interrogations. Pourquoi des talents si tout ce que l'on débloque ne sert à rien ? Pourquoi dépenser deux points pour que Faith puisse exécuter une roulade ou se tourner à 180° ? Même notre community manager fait ça naturellement dans son salon (coucou MaikiGeeky). Pourquoi proposer un arbre si la plupart des compétences sont bloquées par le scénario ?
Ensuite, on apprécie que le studio ait inclus un scénario et un peu de mise en scène, mais le joueur pouvait espérer mieux que la série Z insipide et mal joué. Jusqu'au générique de fin, le joueur est enterré sous une tonne de clichés insupportables et aura du mal à s'en remettre. Côté annexe, le jeu s'inspire un peu trop du contenu des premiers jeux à monde ouvert avec de la course Fedex redondante et d'interminables objets à ramasser. Et cette politique du «collectible» va à l'encontre de l'esprit Mirror's Edge. Là, Faith court, s'arrête pour ramasser un document... court, s'arrête pour prendre une puce électronique... court... mais s'arrête encore pour un enregistrement audio qu'elle n'écoutera pas. Si Mirror's Edge était une autoroute fluide et sans temps mort, Catalyst est un embouteillage de départ en vacances.
Vivement les soldes
C'est toujours compliqué de conseiller l'achat d'un jeu pour un mode. Mais Catalyst brille lors de ses courses en temps limité ou son gameplay exigeant (mais plus accessible que le premier). Un passage dans les options pour virer le GPS au sol, et c'est un monde libre qui s'ouvre à Faith et que l'on adore arpenter dans tous les sens pour trouver la meilleure trajectoire. DICE maîtrise son sujet avec brio, c'est indéniable. Mais on sent aussi qu'ils ont été bridés par ce besoin d'attirer un large public ou de créer un contenu plus actuel en piquant les idées du voisin Ubisoft, expert en monde ouvert.
Et ils se sont plantés ! Comme ils se sont complètement ramassés en intégrant une baston au corps à corps catastrophique. Mais encore une fois, vous n'achetez pas Catalyst pour son scénario, l'intelligence de ses quêtes, son combat ou encore moins son nouveau grappin inutile et utilisable qu'à certains endroits. Vous l'achetez pour son gameplay et littéralement le «kif» de déambuler dans cette ville ouverte. Alors tout dépend de votre budget, mais un jour... en soldes ou en occasion... vous craquerez, car il le vaut bien.