Le postulat de départ, celui de redorer le blason du jeu de rôle d'antan, est osé mais excitant. Et en confiant cette mission à Tokyo RPG Factory, Square Enix ne s'est pas trompé, du moins pour la direction artistique. Le jeu est très mignon, très poétique, avec une architecture old school dans les villes et qui nous rappellent nos plus belles heures sur Final Fantasy VI. Mais ce n'est pas suffisant pour créer un chef d’œuvre, et le joueur va s'en rendre compte très rapidement.
I am Setsuzzz zzz zzz...
Et cela commence dès la musique, avec ce choix absurde de tout composer au piano. On adore réécouter les nombreuses Piano Collection de la saga Final Fantasy, mais il y a une différence entre l'écouter dans son casque en se promenant et l'apprécier constamment en jeu. Ici, le piano n'a pas sa place et retire la dynamique en combat, l'épique d'un affrontement contre un boss, et transforme l'expérience I am Setsuna en berceuse soporifique.
Sans parler des aller-retours incessants, des discussions inutiles, et du scénario larmoyant comme si Tokyo RPG Factory vous pinçait la joue pour forcer les larmes, l'ennui est omniprésent. Certes on peut voir l'aspect positif, à défaut de redorer le blason du JRPG old school, I am Setsuna sait guérir l'insomnie et c'est déjà pas mal.
Un peu de sérieux
Beaucoup aiment associer I am Setsuna à Chrono Trigger sous prétexte qu'il y a des attaques en binôme et un combo de coups croisés. Mais si I am Setsuna est un cousin de Chrono Trigger, alors Haze est le cousin de Half-Life et Knack, un hommage à Super Mario 64. Car oui, I am Setsuna utilise un système de combat qui combine différentes techniques de vos trois héros pour créer des enchaînements, mais la ressemblance s'arrête là.
Chrono Trigger a tout, du scénario épique à cet antagoniste absolument génial (Maoh !), en passant par la variété du décor, la technique pour l'époque et des idées simples mais qui resteront gravés à jamais dans nos mémoires de joueurs (le tribunal durant le prologue).
On verra plus tard
En fait, I am Setsuna se loupe dans le détail et la mise en place. Oui, la musique est belle mais hors-sujet. Oui, le décor est charmant, mais méritait un peu de variété car le sol enneigé, c'est amusant sur un chapitre. Oui, le combat est chouette mais le manque de challenge fait que l'on utilise les tactiques uniquement contre les boss. On parle d'un JRPG ultra accessible et grand public, tout l'inverse de Star Ocean V et Tokyo Mirage Sessions #FE.
Enfin oui, I am Setsuna a bien cette touche old school et réussit donc son postulat de départ... mais oublie le rythme, le scénario, le casting et l'attrait d'un contenu annexe. C'est un premier essai pour Tokyo RPG Factory, il faut donc savoir pardonner... mais à 40 € la curiosité maladroite, on attendra une sérieuse baisse de prix pour craquer et fermer les yeux sur les nombreux défauts.