Du free to play annoncé au jeu sorti début 2016, Deserts of Kharak a connu un parcours chaotique. Et ce dès la liquidation judiciaire de l'éditeur THQ en 2013 ! La licence a ensuite été rachetée par Gearbox Software (Borderlands 2, Battleborn) puis confiée à Blackbird Interactive, dont la présence d'anciens développeurs de chez Relic rassure tous les amateurs de STR. Après tout, on leur doit les adaptations stratégiques des Warhammer ! Mais à cette époque, le Homeworld nouveau est encore à l'état de prototype, le studio a donc annoncé une remasterisation des deux premiers épisodes avant de se concentrer sur cette mystérieuse préquelle.
De l'espace aux plaines sableuses
La première chose qui étonne, même si le titre ne ment pas sur la marchandise, c'est ce décor désertique très éloigné de l'ambiance spatiale de la série. Le joueur ne contrôle donc plus des unités dans un espace très large et sans limite mais sur le sol de la planète Kharak. Comme 90% des STR mais pour un Homeworld, le feeling est inédit. Son potentiel tactique change donc la donne et il faut compter sur la topographie du décor.
Dès le tutoriel, le joueur comprend qu'il doit jouer avec les hauteurs pour placer intelligemment ses différents appareils motorisés en fonction de l'objectif, qui va de la protection de territoire au démantèlement d'une épave... en passant par la destruction de vaisseaux-mères bien défendus ! Règle du shifumi oblige, le joueur prend note des capacités de chaque unité, ses points forts et ses faiblesses, pour éviter d'envoyer n'importe quoi, n'importe où. Enfin dans les faits, car le surnombre est souvent synonyme de victoire. Alors on ordonne aux récolteurs de ramasser la matière première avant d'utiliser le vaisseau-mère pour construire en masse ! Et les unités ne manquent pas, du blindé d'assaut aux bombardiers en passant par les batteries de missiles.
Miser sur l'ambiance
Quand on quitte un instant le solo de Starcraft II (dont on reparlera avant la sortie du prochain DLC) pour s'intéresser à Kharak, les qualités sont très différentes. Blackbird Interactive réussit à envoûter le spectateur avec cette atmosphère si particulière qui joue sur la découverte d'une terre inconnue, mystérieuse et hostile, avec toujours cette musique aux sonorités orientales collant parfaitement à l'ambiance.
Alors que le genre s'intéresse plus au spectaculaire d'une cinématique plutôt qu'à la subtilité de son scénario, là encore Deserts of Kharak surprend. Le scénario évolue tout au long des treize missions, captivant une audience accrochée aux aventures de la jeune Rachel S'jet et de l'équipage du Kapisi. Surtout que cet épisode narre les événements qui se sont déroulés plus de cent ans avant le premier Homeworld. Le fan savoure donc chaque dialogue, chaque retournement de situations.
Une expérience furtive et onéreuse
Alors il faut bien comprendre que Homeworld : Deserts of Kharak est absolument génial mais non sans faille. Pour un jeu qui mise tout sur la qualité de son solo, visiter treize chapitres différents en moins de dix heures, ça fait cher les 45,99 € réclamés. Le multijoueur existe mais n'attire pas grand monde, résultat le filtre qui se concentre sur la stabilité (et c'est tant mieux) a bien du mal à trouver des adversaires. Mais on comprend aussi le joueur, Homeworld ne faisant aucun effort pour voler des parts à la concurrence.
Deux clans, des capacités identiques, le choix tactique ne s'adapte pas vraiment à l'ennemi... quand on sort de Starcraft II et ses trois races très différentes, autant dire que Kharak est le niveau zéro du plaisir en multijoueur. Mais pour son ambiance, son solo, cette musique aussi et ce graphisme assez spectaculaire lorsqu'on prend le temps de zoomer au cœur de l'action (tous ces modèles 3D qui bataillent sur la carte, c'est très impressionnant !), Deserts of Kharak mérite l'achat. Peut-être durant les prochaines soldes Steam, ou tout simplement par amour pour le STR et cette variante très réussie. Et puis que les noobs comme nous se rassurent, c'est aussi le Homeworld le plus simple à finir !