Dans la famille des Hunter-like, il n'y a pas que Soul Sacrifice, Toukiden ou Freedom Wars. God Eater est même la licence la plus à même d'affronter le géant Monster Hunter sur son propre terrain. Mais difficile de s'en rendre compte chez nous puisque jusqu'ici, il fallait se contenter d'une version PSP sortie timidement en 2011. Nous voici pourtant cinq ans plus tard et Bandai Namco a eu l'intelligence et la gentillesse de sortir les grands moyens pour populariser la série. Résultat, God Eater 2 Rage Burst est disponible sur PC, PlayStation 4 et PS Vita, il est traduit en français, et propose même en cadeau, le premier God Eater entièrement remasterisé. Vous n'avez plus d'excuses.
Intégrez le SANG
Contrairement à Monster Hunter, God Eater n'oublie jamais ses racines RPG et pose un contexte, des personnages clés, et berce son audience tout au long du jeu avec de nombreuses cinématiques. Vous n'arrivez pas au milieu d'un camp X pour enchaîner des quêtes Y avec cinquante objectifs inutiles en guise de tutoriel « Hey, va ramasser des fougères ». Ici, on apprend les bases pendant une heure avant de passer rapidement aux choses sérieuses et comprendre l'enjeu et le destin de nos soldats de Fenrir, le bataillon SANG.
Bonne nouvelle donc pour les réfractaires du genre, God Eater 2 est certes un Hunter-like, mais avec un vrai emballage RPG et un hub mobile. C'est à dire que vous ne stagnez pas dans une ville durant toute l'aventure mais voyagez dans votre immense vaisseau pour sauver l'humanité de l'invasion Aragami. On note toutefois une petite baisse de régime durant la seconde partie avec un scénario qui stagne un peu, mais pour le genre, on se félicite déjà de suivre quelque chose... qui plus est avec des compositions très réussies.
Un combat maîtrisé
God Eater se distingue par son arsenal vivant. C'est à dire que votre arme principale, à choisir parmi différents modèles (lame courte, massue, faux, etc), se transforme en modèle longue portée ou corps à corps, mais dévore aussi sa victime pour bénéficier de bonus ou d'objets. Grignotez un boss et vous gagnez un tir spécial à utiliser sur le moment pour booster vos équipiers ou blesser votre cible. Mangez-le après le combat, et vous récupérez des objets qui serviront de retour à la base pour améliorer votre arsenal ou crafter un équipement.
D'ailleurs, on est impressionné par le nombre insolent de skins disponibles, de l'armure épique aux tenues plus confortables et sexy, le jeu ne se refuse rien mais censure légèrement notre version. Pas de panique, la censure n'est pas aussi radicale que celle infligée à Tokyo Mirage Sessions. Quant au combat, God Eater a toujours été réputé pour sa nervosité et Rage Burst ne déroge pas à la règle. Vous allez aimer ses combos dynamiques et ses nombreuses techniques.
De rares réserves
On préfère toutefois prévenir les sceptiques, le jeu a aussi ses lacunes. À commencer par sa technique indigne d'un PC et d'une PS4, on conseillera plutôt d'y jouer sur Vita pour le confort visuel. Le côté positif, c'est qu'il ne charge pas longtemps entre les missions. Si le graphisme n'est pas un souci pour vous, il faut tout de même évoquer les premières heures confuses où l'on se perd avec tous les termes techniques et un tutoriel étalé sur des dizaines de sous-menus insérés dans le terminal de votre vaisseau.
Ainsi, on débloque une amélioration pour voir l'état des ennemis (le symbole sur la carte change lorsqu'il est proche de la mort), mais c'est à force d'y jouer que l'on comprend aussi qu'il faut atteindre le niveau 10 de l'amélioration pour qu'elle fonctionne. Sans parler des balles à crafter ou des techniques de Link pour développer de nouvelles attaques sur le terrain, God Eater 2 n'est pas très pédagogue. Mais on ne panique pas, car l'aventure principale se boucle en quarante heures environ (et un nombre incalculable d'heures en multi) et vous aurez tout le temps de comprendre chaque subtilité du titre. La seule chose à retenir, c'est que God Eater 2 est disponible en France, et qu'il s'agit de l'un des meilleurs représentants du genre.