Touchant, stressant, mystérieux, drôle, émouvant, décevant... c'est assez dingue ce qu'un jeu vidéo peut proposer émotionnellement en trois heures de temps. Trois heures, oui Firewatch ne cherche pas à gonfler inutilement sa durée de vie et se contente d'aller à l'essentiel. Tel un tour de manège furtif qui coûte un peu cher mais dont on garde un souvenir impérissable. Et si nous avons apprécié globalement sa proposition, il y a certaines choses à savoir avant de craquer pour son achat. On vous garantit toutefois un article sans spoiler.
L'art de ne rien faire
Dans Firewatch il n'y a aucune action ni inventaire, le joueur est ballotté d'un point à un autre de la carte et se contente de suivre la ligne narrative tracée au sol par les développeurs. Il peut se promener en pleine forêt pour apprécier le décor joliment coloré (mais techniquement faiblard) si ça l'enchante, il ne se passera absolument rien. Il ne gère ni la faim, ni la soif ou le sommeil. Le jeu souhaite simplement vous faire partager un moment de vie et créer une émotion à partir d'un dialogue.
Le studio Campo Santo (qui accueille des anciens de Telltale, Ori and the Blind Forest ou encore Mark of the Ninja) mise d'ailleurs tout sur la relation entre deux individus qui ne se sont jamais rencontrés mais vont apprendre à se connaître en discutant par radio interposée. Vous aurez souvent des choix à faire durant les conversations mais qui n'influenceront en rien le dénouement final.
Sa vraie force
Le joueur est irrémédiablement attiré par cette voix de femme réconfortante, chaleureuse, sexy aussi, alors qu'il ne la connaît pas. Seul au milieu de nulle part, il n'attend qu'une chose, pouvoir communiquer de nouveau avec elle, appuyant sans cesse sur sa radio pour voir si un choix de dialogue apparaît. Mais il est gêné aussi par le contexte, la raison qui a poussé notre héros, Henry, a fuir ses responsabilités pour prendre ce poste saisonnier de garde forestier. Mais une chose est sure, vous aimerez la mystérieuse Delilah.
Son éventuelle faiblesse
Campo Santo n'a de cesse de nous embrouiller. On ne sait jamais si le jeu va basculer dans le survival-horror, l'enquête morbide, le délire psychotique ou nous prouver à quel point le joueur a bien trop d'imagination. Mais à trop vouloir baragouiner (oui baragouiner, ça change) son audience, l'arrivée peut être brutale. Et si la fin mérite réflexion, on reprochera surtout au studio d'ouvrir des portes sans jamais nous montrer ce qu'il y a derrière.
Pour finir, sachez que si les sous-titres français sont prévus, le jeu ne propose que de l'anglais ou du russe à cette heure. Et s'il tourne bien sur PC, il faut encore attendre un patch pour régler les (nombreux) problèmes sur PS4.