Pour certains, un jeu de foot annuel c'est une histoire de statistiques à rafraîchir. Quelques joueurs changent de maillot, d'autres plus frais intègrent le nouveau banc des remplaçants, bref pas de quoi mouiller la carte bleue à plein tarif. Pour d'autres, c'est comme le café au réveil, un rituel indispensable au bon fonctionnement du quotidien. Et FIFA, c'est l'achat obligatoire du mois de septembre, car il est hors de question de rejouer le PSG avec Zlatan ou Hope Solo dans les cages de l'équipe féminine des États-Unis durant les cinq prochains mois par respect pour la Suède. Et ça tombe bien, FIFA 17 met à jour ses statistiques en temps réel.
Un relooking salvateur
On le sait depuis plusieurs mois, EA Sports a sorti le moteur de Battlefield du placard pour rhabiller son terrain. Cela se ressent dans la beauté du stade, la justesse des visages, ou les animations à la fois plus réalistes... et improbables, la faute à des collisions pas toujours très naturelles. Mais cela viendra l'année prochaine sans doute, car FIFA tient quelque chose de bon techniquement. Le constat est sans doute moins flagrant hors ralentis et gros plans mais soit, le Frostbite fait son effet durant les moments forts.
« Il reste trente minutes de jeu »
Mais le cru 17, c'est aussi un emprunt au chef d’œuvre NBA 2K avec le tout nouveau mode Aventure. Le but (…) est simple, vous incarnez un jeune footballeur talentueux, Alex Hunter, et découvrez l'envers du décor. Les réponses aux journalistes, le respect de l'équipe et du coach, les fans, les problèmes familiaux... tout y est, en bien et beaucoup moins bien. On évitera donc de s'attarder sur la qualité du scénario digne d'une mauvaise sitcom au risque de pleurer des larmes de sang. La proposition reste globalement honnête pour un premier essai.
Et on adore contrôler uniquement Alex Hunter sur le terrain (vous avez le choix du joueur seul ou de l'équipe entière), puisque Namco ne semble pas favorable à un nouveau Libero Grande. On regrettera plutôt les débuts difficiles et le temps de jeu moyen restant pour la jouer comme Beckham. Vous avez donc trente minutes de match (ou cinq minutes environ en temps réel) pour faire vos preuves en tant que futur titulaire et effectuer des passes décisives, tirer cinq fois, marquer des buts et éviter les fautes. Une frustration qui s'ajoute aux nombreuses pauses représentées par d'interminables cinématiques inutiles pour expliquer que le père d'Alex n'est pas gentil, que la mère rêve de retrouver son ancien job, que le grand-père jouait au foot pour le sport et non la gloire, et que son meilleur ami est bipolaire... Plus belle la vie n'a qu'à bien se tenir.
J'aime donc je suis
FIFA 17 n'est assurément pas la pépite attendue, ni le jeu qui va martyriser le concurrent PES. C'est un épisode de plus suffisamment perfectible et améliorable pour que vous ayez envie d'acheter le 18. Mais paradoxalement, il fait suffisamment le taf (licences, équipes féminines, l'ajout de la league japonaise, jouer les coachs) pour vous empêcher d'aller voir ailleurs. Et tant pis si PES est possiblement meilleur sur le terrain cette année, le grand public choisit l'emballage et la quantité.
Et il choisit aussi le nouveau commentateur Pierre Ménès, qui semble plutôt à l'aise pour son entrée dans la famille FIFA. Moins fou que Jon Kabira, le commentateur japonais qui a bercé les années Winning Eleven (PES au Japon), mais la star a le temps de se rôder.