Loin des tribulations d'Ajay Ghale dans Far Cry 4, Primal vous invite à un voyage dans le temps... à une époque où l'homme tirait encore sa femme par les cheveux jusqu'au lac avant de se couvrir d'une peau de bête pour chasser le gibier. Alors ce n'est pas si éloigné de la nôtre, on chasse simplement le rayon boucherie du Super U aujourd'hui, mais c'est suffisamment archaïque pour surprendre le joueur dès la première mission. Lui qui était habitué à brandir son flingue et qui doit à présent tuer un mammouth avec une lance. Mais c'est aussi ce qui fait le charme de Primal.
Autre époque, autres envies
Si le scénario tient sur un tweet, le joueur comprend qu'il va devoir réunir son clan éparpillé sur la carte et recréer un village à partir de rien, tout en combattant le clan adverse. Les gentils sont gentils, les méchants mangent les humains donc ils sont méchants, il n'y a pas besoin d'un cours d'histoire pour capter le background du jeu. La seule règle à retenir, c'est que notre héros Takkar est courageux mais faible, et qu'il va devoir batailler dur pour développer un talent naturel à dompter les bêtes et vider la carte des vilains.
C'est d'ailleurs là toute la force de ce nouvel épisode, le plaisir d'arpenter chaque recoin d'une carte immense pour chercher de nouveaux alliés et se lier d'amitié avec un ours qui se battra à nos côtés pour effrayer les fauves du coin. Il y a un aspect survie très low cost mais agréable pour appâter le grand public. Surtout que le jeu profite du moteur Dunia pour assurer un paysage encore plus ouvert et assez beau. On dit «assez» car les tons jaunâtres et le paysage globalement similaire du nord au sud, d'est en ouest, à quelques détails près, font de Primal, un jeu moins impressionnant que Far Cry 4.
Un jeu ciblé
Globalement, l'expérience Far Cry Primal déçoit le joueur élevé à la série depuis le troisième chapitre sorti en 2012. Car si le studio a pris un risque en changeant de décor, il se contente aussi de recycler tout le cahier des charges Far Cry. Qu'il s'agisse de vider un avant-poste, de sauver des locaux lors de missions aléatoires, de dépecer les bêtes pour se fabriquer un nouvel équipement, il n'y a strictement rien qui change. Ou presque, puisque l'on perd 50% du plaisir de jeu avec le retrait des moyens de locomotion (aérien et nautique, on peut heureusement chevaucher des animaux pour se déplacer plus rapidement), l'arsenal varié, le casting à la fois délirant et fantastique (Vaas Montenegro, Pagan Min) et la joie de planer en Wingsuit. L'aventure de Takkar est très terre à terre et même si le jeu tente de varier les situations en nous proposant de contrôler un mammouth, le contrôle est si catastrophique que l'on préfère l'oublier. Et ils ont prévu d'en faire un DLC...
Une maigre récompense
Alors certes, le jeu fait ce qu'il peut pour parer à la technologie de l'époque en créant différents arcs dont un à deux flèches, des massues à une ou deux mains, et différents objets à jeter. Il y a même le retour du grappin pour escalader rapidement une montagne (forcément, sans hélico, c'est plus compliqué de visiter un monde ouvert). Le domptage varie aussi les possibilités puisque chaque animal a une manière d'attaquer qui peut favoriser l'infiltration ou le passage en force.
Mais globalement, on retient surtout de Far Cry Primal, une expérience très inférieure, moins dynamique et surtout moins fun que Far Cry 3 et 4. C'est une expérience évidemment bonne puisque la base est solide, la technique aussi, mais c'est un jeu qui vise surtout un nouveau public et non les fidèles qui regretteront presque l'achat plein pot d'un DLC déguisé. C'est dommage car si Primal était sorti avant le troisième, on aurait sans doute crié au génie.