Si avec Nights of Azure, Gust quittait ses petites habitudes du tour par tour, avec Atelier Sophie le studio japonais retrouve ses marques et son confort entretenu depuis le premier Atelier Marie sorti en 1997. La formule n'a jamais réellement connu de bouleversements, son cahier des charges est précis comme une recette d'alchimie, mais ses nombreux adeptes l'apprécient à sa juste valeur avec ses hauts (la trilogie Arland) et même ses bas (l'épisode Shallie). The Alchemist of the Mysterious Book change toutefois la donne en se voulant plus abordable, et cela commence par un retrait pur et simple du temps.
L'atelier pédagogue
Loin de Rorona et son respect du timing très précis, Sophie préfère vous laisser vaquer à vos occupations. Vous allez donc ramasser des objets de craft dans le décor par pack de cent et vérifier les indices dans votre bouquin d'alchimie pour créer de nouveaux objets, mais sans aucun chronomètre ni objectif mensuel à respecter. La gestion jour / nuit sert uniquement à changer l'agressivité des ennemis rencontrés ou la matière première. Si vous souhaitiez découvrir la série avec un confort optimal, Sophie Neuenmuller est sans doute la plus pédagogue des alchimistes de Gust.
L'alchimie pour les Nuls
Le scénario n'a jamais été un point central du jeu, encore moins sa technique qui flirte généralement avec les bas fonds. Ici, le vrai potentiel se situe dans l'évolution de votre craft. Vous débutez donc avec quelques pierres pour fabriquer des armes et des tissus médiocres qui serviront à coudre des armures. Mais en fonction de la qualité de la matière première, cet équipement pourra décupler ses capacités à l'aide de traits qui s'ajouteront au résultat final de votre alchimie.
Des bonus de magie, des coups plus puissants contre les dragons, de la regen vie à chaque coup donné, les traits donnés à votre arme ou à votre armure sont bien plus importants que votre niveau de héros, qui ne dépassera pas les vingt. Cela peut sembler peu, mais le jeu débloque ensuite des améliorations. Le niveau est donc bloqué à vingt, mais vos statistiques continuent d'évoluer ensuite à chaque niveau fantôme (car votre jauge d'XP continue de grimper).
Le combat pour tous
Le système a changé cette année et se veut là aussi, bien plus accessible. Vous pourrez donc jeter des bombes sur les ennemis, utiliser des techniques spéciales manuellement et activer un super pouvoir à un moment donné (quand la jauge atteint les 300%). Mais vos quatre personnages sélectionnés agiront en fonction du mode enclenché, attaque ou défense, que vous sélectionnez à chaque tour. En attaque, les quatre utiliseront des techniques plus agressives tandis qu'en défense, ils invoqueront différents boucliers pour se protéger.
Cela ne change pas grand chose en soi, même si le joueur se sent bridé par le peu de choix tactiques disponibles, mais on en voudra plutôt à l'IA qui se comporte très bizarrement. Notamment lorsque votre personnage le plus faible et à l'article de la mort, décide de couvrir ses trois camarades bien plus robustes. Le jeu est donc très simple, mais les réactions absurdes énervent lorsqu'il s'agit d'affronter les deux boss post-game (après avoir fini le jeu) qui ne vous laissent aucune marge d'erreur.
Pour faire simple
Atelier Sophie contrebalance son peu d'épique par un casting réussi et une bonne humeur qui allège le cahier des charges sérieux du RPG japonais (Final Fantasy XV, NieR Automata). Et comme toujours, la quête du meilleur trait peut vite devenir chronophage, dépassant facilement les quarante heures de jeu. On regrette que l'éditeur n'ait pas sorti le budget trad' comme la première version de Rorona sur PS3, mais l'anglais est un peu une habitude pour les amoureux du genre. Souriez, on a le choix entre le doublage japonais et américain.