Annoncé pour la première fois le 11 juin 2013 pendant l'E3, The Order 1886 a été pendant longtemps le symbole de la nouvelle génération car il s'agissait du tout premier jeu PlayStation 4 dévoilé. Et quel jeu ! Sur le papier, The Order 1886 n'a sans doute rien de révolutionnaire, il s'agit d'un énième Third Person Shooter confié à une équipe jusqu'ici reconnue pour son (excellent) travail sur les God of War PSP, Ready at Dawn. Mais avec ses bandes noires Hollywoodienne, son contexte et cette technique renversante, tout le monde voulait une PS4, tout le monde voulait jouer à The Order 1886. Du moins jusqu'à ce qu'il sorte.
L'expérience maladroite
On pourrait rédiger un livre entier sur les défauts du jeu. Qu'il s'agisse de l'absence de challenge, sa durée de vie, les actions contextuelles redondantes contre les boss ou le fait qu'il y ait bien trop de cinématiques que l'on ne peut pas zapper alors qu'on était motivé pour le finir une seconde fois. Mais ses deux plus grands défauts concernaient son tarif, bien trop élevé vu l'expérience furtive de six heures en prenant son temps (même si on comprend bien le coût d'un tel jeu et la difficulté à le brader dès son lancement), et cette date de sortie improbable.
The Order 1886 est une démo technique et on lui aurait pardonné bien des maux s'il était sorti au lancement de la console et non quinze mois plus tard. Malheureusement, le titre de Ready at Dawn a loupé son entrée, la PS4 avait déjà de belles démos techniques avec un contenu largement plus sexy.
Action sous couverture
Pour les retardataires, The Order 1886 est un shooter exclusivement solo de la famille des Gears of War. C'est à dire un jeu d'action à la troisième personne légèrement décalée (merci Resident Evil 4) qui va se concentrer sur des petites arènes dont l'architecture se caractérise par des zones de défense, des couvertures. Tout au long du solo, le joueur va donc observer son vis-à-vis et chercher la meilleure zone de protection pour tirer sans risque sur ses nombreuses cibles.
Les limites de la casualité
Le hardcore gamer intéresse les éditeurs mais depuis deux générations, c'est surtout le joueur occasionnel qui n'est pas négligé. Cette catégorie aime consacrer une heure de temps en temps à sa console et n'a pas besoin de se prouver quelque chose. Elle prend plus de plaisir à réussir une action en appuyant sur une touche plutôt qu'à traîner en mode entraînement pour réussir son quart de cercle avant. Alors on comprend, pour cette catégorie de joueurs, que les studios créent des jeux simples, accessibles, beaux, et défoulant tels que Call of Duty, Uncharted ou Assassin's Creed.
Mais ces jeux plaisent aussi aux joueurs confirmés car ils s'adaptent ! Et c'est une chose que The Order 1886 a été incapable de faire en dépit d'un choix de difficultés. Ici, on ne parle pas d'action accessible mais d'absence totale de challenge.
1886 en 2016
The Order 1886 a tout misé sur l'ambiance et la mise en scène quitte à briser l'équilibre parfait d'un jeu vidéo qu'on attend aussi beau que bon. Mais c'est une telle claque visuelle... Le constat changera sans doute en mai avec la sortie de Uncharted 4 mais en attendant, et à 15 € maximum, on a envie de conseiller The Order 1886 rien que pour son tableau, son héros Galahad que l'on espère revoir dans une suite bien plus aboutie, et cette ambiance victorienne qui fait mouche à chaque fois.
Autrefois, les gens payaient sur les foires pour voir la célèbre femme à barbe. The Order 1886 n'est certes pas fantastique, mais n'êtes-vous pas curieux à l'idée de découvrir le plus beau jeu du monde ?