Il fût un temps où les éditeurs prenaient des risques à faire pâlir le responsable des finances. C'est le cas du géant japonais Capcom qui en 2005, n'a pas hésité à démanteler le cahier des charges de sa série fétiche pour créer quelque chose de neuf, quitte à déboussoler ses fans. Et cela commence par un cachet survival-horror diminué au profit d'une production 100% action. Mais surtout d'une vue de trois-quart qui dénote avec cette caméra de haut approuvée par des millions de joueurs depuis la sortie du premier Resident Evil en 1996. Mais parfois, le risque paye et Capcom peut féliciter le directeur et scénariste du jeu, Shinji Mikami, dont la vision a changé les onze années qui ont suivi la sortie de Resident Evil 4. Des titres tels que Gears of War, le prochain Resident Evil ou même Warframe peuvent le remercier. Oui en 2005, Capcom n'était pas celui qui murmurait à l'oreille des sorties en kit !
Des scènes marquantes
Il ne suffit pas de changer l'angle de caméra pour créer un grand jeu, il faut aussi des scènes qui resteront à jamais gravées dans la mémoire du joueur. Et on ne pense pas à Ashley qui déambule à quatre-pattes dans des zones étroites mais plutôt à cette séquence en huit-clos où Léon S. Kennedy (Resident Evil 2, 4, 6) est enfermé dans une maison et doit repousser des vagues d'ennemis au physique plus proche de l'humain possédé, que du zombie décomposé. Surveiller l'étage, les portes, pousser le moindre meuble pour couvrir les fenêtres, rarement le joueur s'est senti aussi acculé, aussi faible vu la superficie du lieu qui empêche toute forme de fuite. Une scène qui rappelle ce film très controversé de Sam Peckinpah, Les Chiens de paille, avec Dustin Hoffman.
Une action «moderne»
Un moderne entre guillemets car forcément, jouer un membre des forces spéciales incapable de tirer en bougeant, c'est old school ! Mais Resident Evil 4 est moderne dans le sens où sa visée est enfin précise, minutieuse, et très action. Le joueur n'a plus à viser vers le haut pour tenter désespérément de toucher la tête, il lui suffit de placer le viseur entre les deux yeux. S'il tire dans le genou, le joueur blesse la cible et peut même se ruer dessus pour l'achever d'un coup circulaire.
Resident Evil 4 n'est plus un survival-horror mais un survival-action où la peur cède sa place au stress et Léon n'est plus considéré par le joueur comme un flic dans un jeu vidéo, mais un héros de l'étoffe de Dante, Samanosuke et autres personnages phares de l'éditeur. Le jeu réinvente le cahier des charges action avec son système monétaire, sa boutique, ses améliorations, sa mallette pour gérer tranquillement son inventaire, tous ces éléments qui vont gommer les frustrations laissées par Resident Evil Zero sorti trois ans plus tôt.
En vente partout !
GameCube, PlayStation 2, Wii, PC, Xbox 360, PS3, iOS même, jouer à Resident Evil 4 en 2016 n'est pas une mission réservée aux retrogamers, Capcom l'a décliné à toutes les sauces. Et ne compte pas s'arrêter en si bon chemin puisque l'éditeur a annoncé une remasterisation sur PS4 et Xbox One. Même s'il faudra attendre la refonte de Resident Evil 6, puis du 5... car Capcom a engagé le responsable des programmations de séries sur une chaîne TNT. Quoiqu'il en soit, si vous vous réveillez en 2016 avec une soudaine envie de découvrir la série, Resident Evil 4 est sans nul doute votre meilleure option.