Journey c'est Thatgamecompany. Et Thatgamecompany c'est aussi Flower, Cloud et flOw, un OVNI du catalogue PlayStation/PC qui va à l'opposé du cahier des charges de la génération actuelle pour captiver une audience élevée aux headshots. C'est un studio qui ne s'intéresse pas à la durée mais à délivrer des expériences uniques, éphémères et dont on se souviendra toute sa vie, en bien comme en mal.
L'empire des sens
C'est le cas de Journey, qui se démarque dès son introduction par l'absence de repères. Le joueur avance à l'aveugle et se guide en cherchant une structure au loin. On vous rassure, il trouve toujours la bonne marche à suivre. N'attendez aucune interface car elle n'existe pas, ni de gameplay pointu car ici tout se résume à une direction, un saut et une interaction. Le confort, on le retrouve plutôt dans son visuel d'une beauté folle, ou dans sa musicalité sans faille qui berce chaque décor jusqu'au générique de fin. Mais ne vous trompez pas, Journey ne ressemble à rien d'autre... qu'à Journey.
Plaisir précoce
On vous le disait plus haut, Thatgamecompany ne cherche pas la durée mais la qualité, le jeu se boucle donc en moins de deux heures. Et l'expérience est assez indescriptible, tantôt plateforme, tantôt puzzle, avec un soupçon de coopération jamais expliquée mais que l'on devine tout simplement en jouant. Ainsi, les autres personnages rencontrés ne sont pas contrôlés par une IA mais par d'autres joueurs avec pour unique moyen de communication, un son.
Le binôme improvisé n'est pas là pour faciliter votre ascension, mais vous pouvez tout de même vous en rapprocher pour recharger votre écharpe qui sert à sauter et planer. Toujours utile pour récupérer tous les éléments cachés dans le décor.
Une question de culture
Journey est étonnant, déstabilisant, beau comme un poème, ou pénible comme un film d'auteur polonais sans sous-titre. Car oui, certains le verront comme un long travelling interminable où le joueur n'est plus acteur mais spectateur. On ne vous demande donc pas d'aimer Journey, mais simplement d'avoir la curiosité d'essayer. Et ça tombe plutôt bien car il reste encore quelques jours aux abonnés PS+ pour le télécharger gratuitement sur le PSN. Toutefois, gardez Wolfenstein ou Doom sous la main, vous en aurez besoin dès le 22 septembre car la paix n'aura que trop duré !