Nous avons hésité longtemps à rédiger une CHRONIQUE sur ce jeu dans la mesure où le solo ne nous a pas mystifié, mais surtout parce qu'il fallait attendre le mois de mai pour que le studio distribue un premier patch sur PC qui le rendrait «jouable». Mais après plusieurs gigas de rajout sur le disque dur, les différences sont si insignifiantes que nous avons choisi aujourd'hui de prévenir les éventuels acheteurs. Et on va commencer par le bilan PC pour évacuer la frustration rapidement.
Plus jamais ça !
Pour bien comprendre la complainte du joueur, il faut imaginer ce titre ambitieux qui en a fait rêver plus d'un lors de son annonce en mai 2013. Tout d'abord exclusif à la Xbox One puis finalement adapté aussi sur PC, Quantum Break est avant tout le dernier né des studios Remedy. Un studio à qui l'on doit les deux premiers Max Payne puis le mystique Alan Wake, des jeux d'action qui n'ont strictement rien à envier à la concurrence. Mais surtout, des jeux qui étaient reconnus pour leur stabilité, leur graphisme, leur prise en main sans faille.
Alors quand Quantum Break débarque à 70 € sur le Windows Store, le joueur tire un peu la tronche mais a confiance et dépense. Résultat, il est remercié avec un titre instable au possible qui peine à sauter le cap des 720p (alors qu'un PC jongle facilement entre le classique 1080p et le nouveau 4K). Et à l'écran, le résultat est brutal. Textures baveuses, flou omniprésent, zéro format 21/9... mais le pire, c'est que cet ensemble peu emballant trouve l'audace de tourner sous les 30 images par seconde, à moins de tenir la meilleure carte graphique du moment. Par exemple, notre GTX 970 qui permet de jouer à The Witcher 3 en Extrême (avec l'option Hairworks en moins), nécessitait de tout passer en Moyen pour avoir du 30 fps. On pourrait aussi noter l'absence d'options pour quitter le jeu qui prouve le manque d'optimisation, mais le constat est suffisamment accablant. Mais un patch et un mois plus tard, les choses ne vont pas forcément mieux. Nous avons passé les options de Moyen à Moyen +, les bandes noires s'affichent enfin sur notre écran 21/9 (avant, l'image était étirée pour combler l'espace), mais l'ensemble est encore vilain et surtout pas à 60 fps. Alors non, on aime Remedy depuis Max Payne, mais quelque chose s'est mal passé cette année et ce n'est pas Quantum Break qui en paye les frais, mais tous les fidèles qui ont dépensé 70 € sur PC et attendent de pouvoir y jouer.
Et sur Xbox One ?
Sur console, le problème est très différent puisque le studio a travaillé directement dessus. Résultat, le jeu est fluide et le joueur peut profiter de son action sans avoir des saccades à chaque fois qu'il bouge son stick analogique droit. On note par moment de légers ralentissements, mais à côté de la version PC, c'est Byzance. Seule véritable ombre au tableau, les chargements interminables qui plombent un rythme déjà très discutable. Résultat, le joueur n'est pas à l'abri de s'endormir entre deux tableaux.
Mais sur Xbox One le tarif a déjà chuté, et à moins de 50 € neuf sur Amazon avec un réel confort de jeu, le duel des versions est terminé. Quantum Break est un jeu console, se joue uniquement sur One, et c'est tout !
Bon et le jeu alors ?
Si vous n'avez pas encore craqué depuis le mois dernier, sachez que Quantum Break n'est pas le pire TPS de tous les temps, même si on aime le «troller» gentiment sur les réseaux. C'est simplement un jeu qui ne respire pas le Remedy tel qu'on attend le studio en 2016, mais plutôt un jeu bloqué au début des années 2000. Avec un level design très linéaire, très rigide, très froid, et une construction surannée, comme si le studio s'était enfermé dans une grotte, lui qui était autrefois précurseur d'une action moderne.
Tout le jeu se déroule de la même manière, avec cette cinématique narrant un scénario série B, quelques pas dans un décor fermé pour ramasser d'innombrables mails inutiles (c'est fou comme les gens ne pensent pas à installer des codes de sécurité, tout le monde peut lire vos mails privés, même ceux du patron), suivis de quelques phases de shoot dans une arène fermée. Le tir n'est pas désagréable, l'expérience Remedy a encore frappé, mais là encore le joueur est déçu. Jack Joyce, notre héros, peut arrêter le temps, courir plus vite, créer un bouclier d'énergie... et utiliser ses techniques pour résoudre des énigmes maladroitement placées « Oh ! Le décor vient de tomber, je ne peux pas continuer ma route. Heureusement je viens d'apprendre à remonter le temps, ça tombe bien dis donc ! ». Max Payne lui, pouvait simplement sauter en diagonale et ralentir le temps pour tirer dans la tête de dix cibles... mais c'était tellement plus jouissif. Bref, Quantum Break n'est pas la plus grande expérience nouvelle génération, ni la plus belle. Mais les différentes gestions du temps alliés à des effets de lumière très réussis, peuvent en mettre plein la vue. Et la difficulté grandissante oblige le joueur a maîtriser ses différents pouvoirs intelligemment. Son vrai souci concerne plutôt les énigmes effroyablement nulles qui viennent casser un rythme déjà discutable, la faute à un scénario convenu et un trop plein de cinématiques à rallonge. Mais puisque Quantum Break est avant tout un TPS et que son action est globalement réussie, difficile de bouder son plaisir sur Xbox One. En revanche les joueurs PC, fuyez-le comme la peste.