Le 11 mars 2014, les anciens auteurs du mémorable Call of Duty 4 : Modern Warfare lançaient leur tout premier jeu sous la bannière Respawn Entertainment, Titanfall. Un jeu exclusivement multijoueur sorti sur PC et Xbox One dont la prise en main arcade et très instinctive rappelait celle de Call of Duty, mais dans un contexte futuriste. Résultat, le joueur courait sur les murs, planait à l'aide du jetpack et invoquait un titan en cumulant suffisamment de points pour bénéficier d'une force de frappe destructrice. Avec plus de dix millions d'exemplaires vendus à travers le monde, Titanfall est une nouvelle licence réussie en dépit d'un départ difficile. La suite, attendue pour le 28 octobre 2016, devrait logiquement battre ce record puisqu'elle sortira aussi sur la console de salon la plus vendue du moment, la PlayStation 4. Mais avant cela, Titanfall 2 s'est laissé approcher en multijoueur - même si on a surtout hâte de découvrir son solo inédit - et le bilan est globalement positif.
Le classique revisité
Titanfall 2 change peu ou prou la recette du premier jeu. Il s'agit encore une fois de choisir une classe, la customiser avec des armes, des atouts et gadgets, puis de rentrer dans l'arène en sélectionnant son mode qui changera les règles et le nombre de joueurs maximum. L'excellente capture de drapeau du premier n'était pas présente sur la bêta, mais nous avons pu tester trois modes très différents. À commencer par le Pilote vs Pilote qui se limite à seize convives dans l'arène et ne permet pas d'appeler un Titan en renfort.
Le but est simple : deux équipes s'affrontent, le meilleur score gagne, idéal pour comprendre les mécaniques de jeu et le déplacement très aérien. Le second, Amped Hardpoint, consiste à capturer trois points et à les conserver le plus longtemps possible. Les cartes sont plus petites et la limite passe à douze joueurs. Quant au troisième mode, Bounty Hunt, il s'agit du plus intéressant et du plus complexe des trois. Vous devez tuer des bots et des joueurs pour amasser de l'argent et le déposer à la banque. Seul problème, la banque change de place, disparaît aussi, et si vous mourrez, vous perdez 50% de la somme. Il faut donc jouer plus tactique, mieux groupé et se couvrir le temps d'atteindre le point de chute. Ce mode est limité à deux équipes de cinq joueurs.
Au service du spectaculaire
L'architecture est plus riche cette année, mais on a plus du mal à naviguer avec son Titan, voire à tuer. Les pilotes peuvent se planquer très facilement avant de sauter sur un Titan et lui arracher une capsule pour y jeter des grenades (la capsule peut ensuite servir à recharger le Titan des équipiers ou le vôtre). Et ce handicap nous pousse généralement à jouer à pied en laissant le monstre défendre un point automatiquement. Surtout que les armes de base font beaucoup de dégâts cette année.
Mention spéciale au fusil d'assaut dont la puissance de frappe rend les cinq autres catégories d'armes obsolètes. Cette nouvelle architecture fait que le jeu explose aussi de partout, l'immersion est totale. On aime le feeling, le stress, le radar qui s'illumine dans toutes les directions car la menace gronde à 360°. Mais globalement, on perd souvent la maîtrise du jeu contrairement au premier Titanfall. Respawn a voulu un multijoueur spectaculaire, la mission est réussie, mais difficile encore de savoir si les habitués d'hier y trouveront entière satisfaction. La vraie déception concerne en revanche le nouveau grappin. Son imprécision et sa lenteur d'utilisation ne collent pas avec l'esprit du jeu, surtout quand ont peut l'échanger contre un poignard qui tue en un seul lancer et indique toutes les cibles ennemies autour du point de chute. Le jeu nécessite donc encore quelques réglages mais ça tombe bien, il sort dans deux mois ! On sait au moins qu'il a les armes pour affronter les stars Battlefield 1 et Infinite Warfare de front en fin d'année. Surtout que Respawn joue la carte de la générosité.