Si à l'époque de la première PlayStation, alors que vous tentez pour la dixième fois d'exécuter un saut sans tomber dans le vide dans Tomb Raider, quelqu'un arrivait avec une photo de Uncharted 4 en vous disant « mon gars, dans vingt ans tu joues comme ça »... vous lui demanderiez déjà d'où il sort, puis vous n'y croiriez pas. Si on vous avait évoqué le concept même du MMORPG à l'époque où vous jouiez seul dans votre salon, vous n'y croiriez pas non plus. Car l'être humain doute, le joueur pense connaître les limites de sa machine, et tant qu'il n'y a rien de concret, il préfère être pessimiste et c'est normal. Comme c'est normal, de ne pas croire un seul instant que No Man's Sky ira au bout de ses ambitions...
Et si ?
Peut-être n'avez-vous pas suivi ni compris le concept de No Man's Sky et c'est logique puisque même les développeurs n'ont jamais su vraiment nous l'expliquer. Alors imaginez-vous à bord d'un vaisseau au bout milieu de l'espace. Sans la moindre frontière, vous vous dirigez constamment à l'aveugle dans cet immense infini avec un seul objectif en tête, rejoindre le centre de l'univers. C'est votre unique quête principale ! Au loin, vous observez un point étrange, lumineux, mais à son approche, vous comprenez qu'il s'agit d'une planète.
Sans la moindre transition, vous pénétrez dans son atmosphère et découvrez un décor immense et complètement ouvert sur lequel vous décidez d’atterrir pour continuer l'exploration à pieds.
En terre inconnue
Alors que vous vous éloignez dangereusement de votre vaisseau, mais parfaitement armé, vous commencez vos recherches. Vos années passées devant la télé à écouter les précieux conseils de Denis Brogniart, vous rappellent qu'il est important de trouver de l'eau, de vous nourrir, et d'installer un abri pour dormir. Mais la planète n'a pas le look d'un hôtel cinq étoiles, vous devez donc improviser un campement. Vous pouvez dormir à même le sol ou profiter de vos outils futuristes pour percer la roche et vous improviser une grotte.
Cette planète vous étonne par ses tons colorés, ses animaux étranges que vous croisez durant une randonnée. Le jeu vous propose même de leur donner un nom pour que le prochain joueur à arpenter ces mêmes terres, ait un indice. Bien évidemment, si vous n'êtes pas le premier à fouler ces terres, alors quelqu'un d'autre l'aura fait à votre place. Car oui, No Man's Sky se partage avec des milliers d'autres joueurs.
Jeu sans frontière
Mais laissez à présent cette planète et toutes ces espèces renommées avec le nom de vos professeurs car il est temps de retourner dans l'espace, toujours sans la moindre transition, en quête de nouveaux lieux à visiter. Et des endroits comme cette planète étonnante, il y en a des centaines dans le jeu avec un climat différent, une faune différente. No Man's Sky ne pose aucune barrière ni limite, simplement un but pour tous les joueurs, celui d'atteindre le centre. La manière pour y parvenir ou le temps, sont d'immenses variables qui dépendront de votre âme d'aventurier.
Mais il ne s'agit pas simplement d'une randonnée géante et pacifique. Vous devrez parfois batailler dans l'espace contre d'immenses croiseurs à la manière de StarFox Zero, ou utiliser vos armes au sol pour survivre contre une espèce menaçante. Le jeu développe aussi tout un système de commerce avec les PNJ, un apprentissage de la langue locale, des échanges, des améliorations d'équipement, du craft... ce n'est pas qu'un jeu ambitieux, c'est aussi un jeu très complet.
Alors oui, on doute
No Man's Sky ne fixe aucune limite, assure une aventure sans transition entre les phases de vol et la visite à pieds, et promet un niveau graphique plus qu'honorable. Ajoutez à cela des centaines de planètes à découvrir, du craft, un décor destructible, de l'action et un partage communautaire... ou le simple fait que Hello Games totalise dix personnes pour le développer et normalement, vous commencez à sourire et à douter. Comment dix personnes peuvent réaliser le travail d'une équipe qui nécessiterait mille fois plus d'effectifs ?
Alors évidemment qu'on veut y croire, évidemment que nous serons là à son lancement pour parcourir l'univers, et évidemment que l'on renommera quelques bestiaux avec le nom de nos pires ennemis... ou de nos plus grands fantasmes. Mais l'heure est aux preuves, et elles arrivent le mois prochain.