[SPOIL] ATTENTION CET ARTICLE VOUS DEVOILE LA FIN
Vous l'aurez compris, aujourd'hui il est question des dernières minutes de The Phantom Pain. Celles en partie responsables de notre verdict où nous expliquions qu'il était difficile d'associer Metal Gear Solid V et chef d’œuvre. Nous allons donc spoiler !
Tout se joue durant cette mystérieuse mission 46, The Man Who Sold the World. Alors que vous retracez les événements du prologue, le jeu vous fait une confidence. Vous n'êtes pas Big Boss mais le médecin qui se trouvait à ses côtés au moment de cette fameuse explosion dans Ground Zeroes, qui plongea les deux hommes dans un profond coma. C'est à ce moment précis que le Major Zero, bien connu des joueurs de Metal Gear Solid, s'entoure de Miller et Ocelot pour mettre en marche son stratagème visant à cacher Big Boss du reste du monde. Il va se servir du médecin, l'hypnotiser durant neuf ans pour lui faire croire à son réveil et après une chirurgie esthétique miraculeuse, qu'il est Big Boss. Durant ce prologue, vous contrôlez donc le médecin (durant tout le jeu d'ailleurs) et suivez le Boss qui vous aide à quitter l’hôpital avant de s'enfuir. On apprendra par la suite que ce «fantôme» de Big Boss, Venom Snake, est aussi celui qui mourra sous les coups de Solid Snake dans le premier Metal Gear (le jeu MSX2). Mais nous ne sommes pas là pour refaire la chronologie de cette saga.
Alors pourquoi pas !
Effectivement, l'idée de ne pas contrôler Big Boss semblait évidente. Qu'il s'agisse de ce changement de faciès durant le prologue, le bras articulé comme le visage abîmé de Big Boss qui ne correspondent pas à son physique à la fin de Metal Gear Solid 4. On se posait la question « mais est-ce vraiment Big Boss ? » dans une précédente CHRONIQUE, nous avons aujourd'hui la réponse ! Mais le vrai problème se pose toujours.
Pour rappel, The Phantom Pain était censé faire la transition entre l'histoire de Big Boss (MGS3, Peace Walker, MGSV) et celle de son «fils» Solid Snake (MGS1, 2 et 4). Et surtout nous expliquer la transformation de ce patriote hier, devenu ennemi public numéro un aujourd'hui. Voyez The Phantom Pain comme l'épisode III de Star Wars, celui où Anakin naît Dark Vador.
Et sur ce point, le jeu ne répond à rien. Il nous fait croire à un début de colère dans la scène choc de la quarantaine ou à la mort de Quiet, mais il ne s'agit pas de Big Boss. Il nous laisse penser que nous sommes l'architecte de la Mother Base, celle relatée dans l'histoire de Metal Gear qui regroupe la nation indépendante créée par Big Boss (Outer Heaven), alors qu'elle n'est finalement qu'un leurre. La vraie est construite en parallèle à la vôtre.
Un coup dur
Pour résumer cruellement, The Phantom Pain est une farce, un épisode inutile dans la chronologie Metal Gear. Tout ce pourquoi il était construit vole en éclat et nous fait comprendre que nos actes, nos heures passées à créer une armée n'auront servi à rien. Pire encore, on découvre petit à petit qu'il manque des choses. Entre l'absence de la mission 51, livrée avec l'édition collector sous forme d'une cinématique, et la mystérieuse apparition d'un chapitre 3 intitulé «Peace» découvert par des malins qui ont fouillé le contenu du disque... le sentiment d'inachevé est «palpable». Et devrait le rester puisque l'équipe d'origine ne travaille plus pour Konami. La frustration s'est installée et nulle seconde lecture du scénario ou message caché « nous sommes Big Boss » n'y changeront grand chose.
Metal Gear Solid V est un excellent jeu vidéo, mais un Metal Gear décevant. Et c'est cette frontière qui sépare le grand jeu du chef d’œuvre. La saga s'achève... et le moral du joueur avec.