Depuis le 1er septembre 2015, celui qui était pressenti pour remporter le titre du jeu de l'année est enfin disponible. Mais pour certains, il s'agit surtout de la déception d'une génération et les raisons sont multiples. La plus citée concerne sa mise en scène en retrait. Cette série, qui hier consacrait 80% de son jeu aux cinématiques, choisit aujourd'hui d'inverser les rôles et de donner la part belle au gameplay. Un Metal Gear Solid qui se consacre au plaisir de jeu ? Ce comble !
Pour autant, ce dernier épisode cache bien son jeu. Car le scénario est bien présent, planqué derrière une succession de cassettes audio que l'on prend le temps d'écouter entre deux missions. Son créateur, Hideo Kojima, a choisi de cacher les indices comme s'il tentait de jouer avec ses fans. Sans doute pour créer le débat ou donner envie aux joueurs de partager leurs points de vue sur le sujet de Big Boss. Qu'il s'agisse de son mutisme étonnant, lui qui hier bavardait plus que ma coiffeuse, ou de ce changement physique qui fait opposition au Big Boss croisé dans le cimetière de Metal Gear Solid 4, durant cet épilogue poignant. Et dont le bras en parfait état comme son visage, sans nul traumatisme apparent, font opposition au Big Boss de The Phantom Pain. Mais est-ce bien Big Boss ?
L'art de bien jouer
Alors oui, The Phantom Pain nécessite du temps. Mais les premières heures passées à éponger ses peines s'effacent peu à peu pour laisser place au plaisir d'une infiltration parfaitement maîtrisée. Le scénario si discret libère ses cartes et les heures s'écoulent par dizaines. On excuse même cet objectif récurrent qui consiste à extraire des prisonniers et des soldats tout au long du jeu. Après tout, Big Boss a pour mission de créer une armée et non une entreprise FedEx, comme nous ont habitué bon nombre de jeux à monde ouvert.
Metal Gear Solid V est tout simplement différent. Mieux construit, avec ce plaisir de jeu manette en main au service d'un scénario qui aime prendre son temps et réveiller son audience d'une cinématique parfaitement rythmée. Évidemment qu'il y en a !
Vous hésitiez à l'acheter ? Courez pauvres fous, comme dirait Gandalf. Car ce Metal Gear Solid est grand, et a bien toutes les cartes en main pour concourir au titre du jeu de l'année... voire au titre du plus grand jeu d'infiltration de tous les temps. Et ça, chers lecteurs, ce n'est pas ce que l'on ressent en jouant à une "déception". Mais on en reparlera lors du test, en attendant j'ai une Mother Base à construire.