Spiders, c'est un studio que l'on aime forcément pour sa nationalité. Et puis aussi pour le sympathique Of Orcs and Men, même s'il s'agit d'une collaboration avec un autre studio français, Cyanide. C'est aussi Bound by Flame, mais on évitera de gâcher cette belle journée en le décrivant. Aujourd'hui, on avait envie de vous parler de The Technomancer, la suite spirituelle de Mars : War Logs ! On insiste bien sur «spirituelle» car il n'y a aucun lien scénaristique mais un même univers... et une même interface aussi... et une même esthétique... et... bref, n'insistons pas, ce n'est pas la suite de Mars : War Logs. Malheureusement, notre emballement est retombé dès les premières secondes de jeu.
Un départ difficile
Dès le départ on sent cette volonté, cette envie d'appartenir à la famille Bioware, mais un cousin low cost. Car The Technomancer, c'est Mass Effect avec une pancarte « on a la même passion, mais pas le même budget » accrochée dans le dos. Et cela commence dès la création du héros qui propose si peu d'options que l'on se demande limite pourquoi le studio nous laisse le choix. Alors tant pis, vous allez sans doute finir avec un chauve et une tête de PNJ aléatoire qui portera quoi qu'il arrive le nom de Zacharia Mancer.
On vous demande aussi de déterminer votre classe en vous jetant deux petits points à distribuer dans peu de cases. Au bout, vous vous sentirez peut-être plus guerrier, voleur ou mage. Mais en 2016, on est déçu par cette limite affichée dès le lancement du jeu. Las, le constat ne va pas en s'améliorant et The Technomancer affiche des problèmes de rythme... entre deux problèmes de fluidité. Le premier dialogue inquiète par la mollesse de ses voix et la rigidité des deux individus, elle ne changera malheureusement pas ensuite.
Du bon dans le cochon
Là où le jeu remonte le moral, c'est au niveau des décisions prises lors d'une conversation. Le joueur a réellement l'impression d'avoir un pouvoir décisionnaire, un impact sur le déroulement du jeu. Il va aussi pouvoir développer tout un relationnel avec son équipe... oui, comme dans les productions Bioware. Et apprécier son environnement plutôt joli à défaut d'être libre, soutenu par des compositions sublimes et bien évidemment signées Olivier Derivière (Remember Me, Alone in the Dark version 2008).
On aime aussi la générosité du craft et l'éventail de possibilités avec les différents arbres de talents. Bref, en dépit d'un départ mollasson, The Technomancer sait aussi rassurer son public.
Le retour à la réalité
Malgré tout, nous avons lâché bien vite l'aventure (d'où l'absence de test) car le titre de Spiders ne parvient jamais à gommer sa pastille low cost, ne serait-ce que pour ses nombreux aller-retours, la tristesse des doublages et ses chargements interminables alors qu'on ne comprend pas trop ce qu'il charge (du moins sur PS4). On s'est bien endormi une ou deux fois durant le combat, le temps de vider la jauge de vie des adversaires, et on a hurlé le reste du temps devant l'inégalité des forces...
Car Zacharia est faible et doit trop souvent étudier les mouvements adverses pour comprendre quand éviter, quand taper, et quand switcher entre ses positions de combat. Alors c'est sans doute très cool sur papier, mais à l'écran, on frôle la désinstallation. The Technomancer, c'est au final un Bound by Flame plus ambitieux, mais qui oublie son budget réduit et s'éparpille un peu trop au lieu de se concentrer sur ses qualités (la narration et le craft). On retiendra tout de même son tarif préférentiel de 40 €, mais si vous sortez de The Witcher 3 ou Fallout 4... attendez bien trois à quatre mois pour éviter les comparaisons violentes.