Si Monster Hunter est une star du RPG en coopération, on ne débarque pas dans son antre en pensant adopter son cahier des charges comme s'il s'agissait d'un MMORPG light. Plus étonnant encore, on peut cumuler les heures sur des jeux qui se sont inspirés de la licence de Capcom, tels que Soul Sacrifice ou Freedom Wars, et détester la formule d'origine pour son action rigide et son démarrage laborieux. Cela ne signifie pas que Monster Hunter est une mauvaise série ou qu'elle n'est pas adaptée à un large public, mais simplement qu'elle n'est pas «gamer friendly» en dépit de sa popularité. Préparez-vous à lui investir vos prochains mois de jeu au risque de ne jamais comprendre la force, l'intelligence et la stratégie de cette licence.
Né sous X
Monster Hunter n'a de Generations que le nom occidental puisqu'il est sorti au Japon sous l'appellation X, pour Cross. Car la première chose à bien comprendre, c'est qu'il ne s'agit pas d'une suite au 4 Ultimate mais d'une compilation pour groupie en mal de chasse. Un chapitre qui va emprunter trois hubs sur quatre aux anciens jeux pour assurer le voyage nostalgique. Le jeu débute toutefois dans le nouveau village de Berhna pour rassurer le consommateur : il paye aussi pour du nouveau contenu, et du contenu joliment architecturé.
Un gameplay réadapté
Dès la création de l'avatar, Monster Hunter Generations affiche fièrement ses nouveautés. Le joueur a désormais le choix entre quatre styles de combat et différentes techniques indispensables à votre survie. Avec son lot d'esquives, d'attaques de zone, de soin... la série a rarement proposé autant de personnalisation et ça fait du bien ! On adapte ensuite ses techniques aux besoins du groupe.
Pour notre découverte solo, nous avons apprécié l'agilité du voltigeur et ses sauts aériens étonnants pour du Monster Hunter, mais le bushido et ses techniques de contres faisait aussi bonne impression. Tout dépend de votre style et pour une fois, la série ne mise pas tout sur son arsenal.
Dans les faits
Si globalement le jeu est plus riche sur le terrain, plus amusant aussi avec l'utilisation des Miaroudeurs, et fait un réel effort sur le système de craft, on ne peut s'empêcher de lui reprocher son manque de risque que nous n'avions pas ressenti lors de la découverte de Monster Hunter 4 Ultimate. Rien qu'au niveau du scénario, Generations n'a rien à raconter et démarre trop lentement, avec les innombrables quêtes pénibles pour apprendre à jouer.
Son gameplay est plus nerveux, accès sur l'enchaînement et le coup spectaculaire pour attirer les nouveaux venus. Mais tel un Samurai Shodown 4 par rapport aux précédents chapitres, le spectaculaire ne fait pas tout. Et si on apprécie la dynamique du nouveau gameplay, le fond ne se renouvelle sans doute pas assez pour convaincre les puristes, sorti du décor nostalgique. Les nouveaux apprécieront en revanche la nouvelle dynamique... surtout si la dernière expérience en coop se résume à Final Fantasy Explorers. Et si vous jouez majoritairement en solo, on serait tenté de vous conseiller le 4 Ultimate, pour son effort de narration.