S'il est un phénomène auquel vous n'avez pu échapper, c'est bien au boom du format épisodique. Une technique qui consiste à scinder un jeu en plusieurs parties et les revendre à bas prix. Ou à proposer la totale à un tarif préférentiel. Ce phénomène, on le doit principalement à Telltale Games. Vous n'avez peut-être pas retenu leur nom, mais vous connaissez leurs jeux. The Walking Dead, Game of Thrones, The Wolf Among Us. Ce studio aime adapter des jeux comme s'il s'agissait de séries. Avec tout l'emballage qui va avec : « résumé de l'épisode précédent » et choix multiples. Vous êtes le héros de votre histoire. Les décisions prises influent sur le reste de l'aventure... ou presque. Par conséquent, le format épisodique se justifie de lui-même. Le consommateur a l'impression de suivre des épisodes puis des saisons, comme il le ferait naturellement pour une série télé.
Volontaire ou cache-misère ?
Il y a ensuite le cas Resident Evil Revelations 2. Le jeu choisit de se scinder en quatre chapitres. L'expérience est intéressante, le prix attractif. Mais le joueur ne peut s'empêcher de s'interroger sur l'intérêt réel du format épisodique. Quitte à douter de la bonne volonté de Capcom, son éditeur. Il est vrai que ce format économique permet de pardonner bien des erreurs. Revelations 2 n'est pas un étalon graphique. Son système de jeu est même parfois archaïque. Le premier Revelations était identique, mais se vendait comme un jeu à part entière. On peut donc se demander si Capcom n'a pas utilisé la ficelle du format épisodique pour attirer les curieux. Après tout, payer cinq euros est toujours plus simple que cinquante. Mais en aucun cas, Resident Evil Revelations 2 ne ressemble à une série. C'est un jeu classique découpé pour les besoins du format épisodique.
X fois sans frais
Mais il faut voir son côté positif. Ce format coûte moins cher. Un studio peut convaincre plus facilement un éditeur de monnayer son jeu. Contrairement à un Triple A. C'est ainsi que les français de Dontnod ont pu proposer l'excellent Life is Strange. L'histoire d'une étudiante enquêtant sur la disparition mystérieuse d'une adolescente. La méthode reste donc bonne, économique, prenante aussi. Le consommateur termine son épisode au bout de deux heures et attend impatiemment la suite. La machine est en marche. On espère simplement que les prochains jeux conserveront cet aspect série vidéoludique. Et non un moyen habile de vendre à bas prix, quelque chose qui ne partirait jamais à plein tarif.