« C'est un mauvais Fallout ! », oui c'est vrai. Même si les années passant, on a bien du mal à comprendre ce qu'est un bon Fallout. Mais dans l'idée, un Fallout est un jeu cruel, punitif, qui s'amuse avec ses dialogues et les nombreuses conséquences qui en découlent. C'est le cas dans Fallout 4 mais il faut attendre le dernier quart du jeu pour le découvrir, là où Fallout 3 déroule ce cahier des charges dès Megaton, la première ville.
Fallout 4 s'apparente plutôt à un Skyrim post-apo, un jeu ouvert plus accessible, plus pédagogue aussi. Qui vous laissera intégrer plusieurs factions durant un temps, sans que cela n'ait aucune incidence sur votre avancée. Mais ne faites pas l'amalgame, un mauvais Fallout n'est pas un mauvais jeu vidéo et c'est ce que nous allons vous expliquer... on vous prévient, c'est un peu long !
Sortir des sentiers battus
2015 n'a pas pris de risques. Qu'il s'agisse de The Witcher 3 ou Metal Gear Solid V, la proposition et l'emballage demeurent identiques. Un monde ouvert, du contenu annexe et principal, une ligne invisible tracée au sol et une manière de jouer imposée. Dans les deux cas, si vous sortez des sentiers battus, vous ne ferez rien de spécial. Geralt n'atteindra pas Velen et Venom Snake se baladera sur sa carte sans rien débloquer. Xenoblade Chronicles X a pris des risques, mais pour le coup... il aurait mieux fait de s'imposer des limites.
Fallout 4 en revanche, c'est aussi ce cahier des charges ancré avec son histoire principale et son contenu annexe... mais l'histoire a plusieurs embranchements et la fin varie en fonction de ses choix. Si la quête pour retrouver votre fils ne vous intéresse pas, alors vous aurez toujours cinquante à soixante heures de jeu à côté. Vous n'avez pas à avancer dans l'histoire pour débloquer des choses, la carte est déjà ouverte.
La bonne façon de jouer
Pour bien jouer à Fallout 4, il faut avancer prudemment, aller à la rencontre de la population, être curieux aussi et écouter les gens parler pour débloquer des événements annexes. Il faut brancher sa radio pour écouter une musique d'ambiance ou capter un signal de détresse. Mais plus important encore, il faut ouvrir les yeux !
Dans Fallout 4, le monde est vivant. Vous pouvez marcher tranquillement dans un marais et observer à plusieurs kilomètres de là une explosion. Cette explosion n'est pas un événement imposé mais complètement aléatoire. Car dans le Commonwealth, des factions s'affrontent et vous observerez souvent un arrivage massif de la Confrérie de l'Acier attaquant une base de l'Institut. Vous pouvez prendre part au combat, mais cela n'a aucune incidence sur votre parcours, il ne s'agit pas d'une quête.
La mauvaise façon de jouer
Pour détester Fallout 4, il suffit tout simplement de jouer comme vous le feriez dans un RPG habituel. À suivre la quête principale, en vous téléportant par moment au camp de la Milice pour quémander du contenu annexe à Preston. Et le pauvre se contente d'exécuter les ordres de Bethesda en vous donnant un point sur la carte à visiter et à vider pour aider la population. Donnant ainsi l'impression d'un jeu redondant, alors qu'il s'agit juste d'un indice sur du contenu déjà existant.
Comprenez que ces événements sont déjà disponibles et qu'ils s'activeront si vous visitez un jour ce village et discutez avec le chef local. Preston, lui, pointe du doigt le lieu à tous ceux qui ne souhaitent pas se promener à l'aveugle et veulent simplement atteindre le générique de fin rapidement. C'est encore une fois ce qui différencie Fallout 4 du reste des sorties de l'année. Il n'y a pas besoin d'activer une quête annexe pour qu'elle apparaisse sur la carte, il suffit d'être curieux et visiter.
Kinder Post-Apo
Fallout 4 cache bien son jeu. On a l'impression que nos choix n'ont aucune incidence sur le reste de l'aventure, or cela arrive dans la dernière partie. Vous pouvez discuter avec un chef de faction, mais aussi lui éclater la tête au fusil à pompe car sa tête ne vous revient pas... et perdre dix à quinze heures de contenu principal et annexe. Mais c'est votre choix, votre conséquence, votre aventure.
C'est aussi un jeu qui surprend son public en cachant plein de surprises sur sa carte. Qu'il s'agisse de ce Béhémoth géant apparaissant de nulle part car vous avez volé son singe en peluche dans une voiture, de cette maison hantée ou de cet appareil volant non identifié, de cette mission qui vous demande de porter le costume d'un héros de comics pour redonner du courage à la population, ou de ce faux Preston qui se fait passer pour le chef de la Milice pour soutirer de l'argent aux pauvres.
Jeu de l'année 2015
Fallout 4 brise ainsi la monotonie de tous ces jeux de 2015 qui sont superbes visuellement, mais ne tiennent pas sur la durée ou ne surprennent pas. The Witcher 3 est très bon, mais c'est sa plastique qui fait le travail et aveugle sur les lacunes d'un décor qui n'évolue pas (La Chasse est au centre du débat mais le joueur ne ressent jamais sa menace, son changement sur le monde). Metal Gear Solid 5 est excellent, mais trompe son public car il s'agit aussi du premier MGS jouable, on pardonnerait presque l'absence de boss ou d'une fin. Mais quoi qu'il arrive, les deux jeux se loupent dans le dernier tiers.
Fallout 4, lui, n'est pas exceptionnellement beau mais esthétiquement parfait. Et conserve du début à la fin, une certaine exigence, un standing et de nombreuses récompenses à tous ceux qui accepteront de se paumer dans ce Commonwealth assurément généreux. C'est donc logiquement, que nous lui décernons le prix du meilleur jeu de l'année 2015... aussi "mauvais Fallout" soit-il.