Compulsion Games est bien connu des premiers abonnés PS+ sur PlayStation 4 puisque le studio a réalisé Contrast, offert au lancement avec l'excellent Resogun. Et si vous avez bon souvenir, Contrast se démarquait par son esthétique très chiadée, une musique jazzy divine... et un gameplay très, très, très décevant. Bref, avec Compulsion Games, on peut dire qu'une esthétique aussi incroyable soit-elle ne suffit pas à faire de grands jeux. Mais est-ce aussi le cas de We Happy Few ?
Une histoire d'ambiance
Dès le prologue, We Happy Few pose son décor et son esthétique barrée, entre Bioshock Infinite, Dishonored et le film Orange Mécanique pour les costumes. On aime l'interaction avec le décor, les choix libres aussi de prendre une pilule de Joy et abandonner tout espoir, ou se rebeller et fuir la dictature. Compulsion Games a ce talent pour créer des ambiances particulières, c'était déjà le cas de Contrast, et ça l'est encore plus avec We Happy Few. Un premier point positif pour le jeu. On fermera en revanche les yeux sur la technique globalement décevante.
La mauvaise surprise
Pour tous ceux qui n'ont pas suivi le développement du jeu, We Happy Few est un Rogue-Like. Certains aiment le genre, nous avons tendance à le comparer au parent pauvre du Die & Retry. C'est à dire que vous mourrez tout le temps mais pas par manque de skill, plus souvent pour de mauvaises raisons. Ici, vous pouvez mourir de faim car vous n'avez pas trouvé le pain rassis dans la commode du couloir... C'est quoi la suite ? Une bouteille d'eau dans une boite à chaussures ?
Vous avez soif tous les dix mètres et épuisez votre jauge d'endurance après avoir agité deux fois vos bras avec un bâton. Tout ça car le Rogue-like est généralement court et masque sa durée de vie par une mauvaise gestion de la difficulté. Vous mourrez donc tout le temps, recommencez cent fois, jusqu'à comprendre comment arriver au bout. Notez bien que certains Rogue-like sont fantastiques, c'est le cas de Faster Than Light ou The Binding of Isaac, mais We Happy Few tombe vite dans les mauvais travers du genre. Bien heureusement, une option permet de désactiver le permadeath, c'est à dire que même après une mort, vous n'avez pas à tout reprendre de zéro.
Alors on fait quoi ?
We Happy Few n'est encore qu'une Early Access (accessible pour 30 € depuis Steam ou le Xbox Live) et le jeu doit encore intégrer toute la narration et ses quêtes principales. Un sérieux point fort quand on sait que le Rogue-like ne s'intéresse jamais au scénario. On repart donc déçu de cette première expérience, tout en gardant en tête cette direction artistique réussie et son décor atypique (un village au sud-ouest de l'Angleterre durant les années 60). On l'aime en photo, en trailer, un peu moins en jeu... mais difficile encore de se prononcer à cette heure.