Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. La Super Famicom faisait le bonheur des joueurs. Et Dragon Ball Z atteignait son pic de popularité. A cette époque, nous ne jurions que par la série des Super Butôden. Le premier jeu de baston mettant en scène les héros du manga. Treize personnages jouables dans le premier, dix dans le second et dix autres dans le troisième. La particularité de cette trilogie était de couper l’écran en deux lorsque les combattants s’éloignaient. Un radar indiquait la position sur le terrain. Et le combat se résumait à charger sa jauge pour envoyer Kamehameha, Final Flash et autres joyeusetés. S’en suivait un matraquage des touches dans les règles, assurant la crampe de pouces après cinq matchs. Dans les années 90, le joueur n’en demandait pas plus pour être heureux.
Bienvenue en 2015
Vous l’aurez donc compris, le nouveau Dragon Ball annoncé sur 3DS est le « quatrième » Super Butôden. Réalisé par des grands de la baston, Arc System Works (Guilty Gear Xrd). Au Japon, le jeu est déjà disponible. Et il faudra attendre le 16 octobre pour le découvrir en France. Profitant d’un été à Tokyo, nous avons mis la main dessus pour vous donner un premier avis. Et il faut bien l’admettre, il est assez mitigé ! Mais parlons des choses positives. Extreme Butôden est beau ! Très beau même. Le combat, bien plus agréable et dynamique, nous fait vite oublier la rigidité de 1993 ! Le jeu n’est pas avare de modes et propose de revivre dix des plus grands combats période Freezer, Cell et Buu. Vous changez ensuite de combattants pour en vivre dix autres. Ou de suivre une aventure annexe avec différentes quêtes à remplir pour avancer. Achever l’adversaire avec un Super, envoyer trois Super Combos, etc. Dans l’arène, le jeu sépare l’écran lors des grosses attaques. Arc System Works a d’ailleurs réalisé un travail incroyable sur ces dernières. Le rendu fera verser plus d’une larme aux anciennes groupies. Notamment lorsque l’adversaire contre l’attaque par une deuxième. Signant le grand retour du matraquage de touches… et des crampes !
Un miracle Shenron ?
En revanche, d’ici octobre, Arc System ferait bien de visiter la Salle du Temps. Histoire de modifier certains détails qui fâchent. Le casting pour commencer est bien trop léger. Et si en 1993, le joueur se contentait de peu, ne proposer qu'une vingtaine de héros en 2015, c’est limite… limite ! Il y a bien cent personnages créés pour intervenir le temps d’une attaque, mais ils ne sont pas jouables. Avec Arc System aux commandes, on espérait que le système de combat serait au moins technique. Mais tous les personnages se jouent de la même manière. Et on compte au mieux, une vingtaine de mouvements différents. Il n’y a aucune combinaison à base de quart de cercle ou de « arrière, avant, arrière » comme par le passé. Aujourd’hui, le Kamehameha s’active avec L + A. Et le gros « Meteor Smash » se résume à Y, Y, Y, Y, X, A. Comme si Arc System Works avait créé Extreme Butôden pour les joueurs de 1993, version sénile ! Nous allons bien, on vous rassure. Et si le jeu se contente de copier-coller les mêmes coups pour tous les personnages, alors le casting pourrait être mieux garni. Malgré tout, on ne peut s’empêcher d’y jouer. Lancer quelques matchs le temps d’un défouloir. Et tant pis si Goku ne peut pas se transformer en Super Saiyajin durant le combat. Et tant pis si l’IA n’est pas très agressive, même en hard. Et tant pis si le jeu ne propose aucune option online, juste du combat local. Et tant pis si hors introduction animée, le reste n'est qu'une succession d'écrans fixes pour narrer l'aventure. Après tout, on le savait en signant le contrat réservé aux fans. Il faut parfois se contenter de peu.