Pour éviter toute confusion, le jeu s'appelle uniquement Blade & Soul. Le sous-titre World of Koreabash était plus une private joke pour les amateurs de MMORPG qui feront le lien entre World of Warcraft, la Corée et le bashing (qui consiste à taper du monstre par pack de mille). Et puis l'acronyme WoK sonnait bien pour un jeu venu d'Asie. Sur ce je vais me cacher, on se revoie la ligne en-dessous.
Blade & Soul a cette esthétique très coréenne, la marque des Aion, TERA, ces jeux misant beaucoup sur le charisme de son avatar. Mais il a aussi son cahier des charges avec du décor plus fermé et de la quête axée sur le génocide d'ennemis, quitte à perdre quelques neurones à chaque connexion. Mais c'est un choix très assumé que nous ne pouvons contester, le MMO a ses variantes. Cependant, on constate que NC Soft a misé un peu plus sur la mise en scène, les cinématiques, pour tenter de happer son audience avec un scénario sans génie, mais qui donne envie de s'investir un peu plus que le classique « Bienvenue dans notre monde, maintenant va taper ». Il faut juste se rendre à l'évidence, un MMO avec un scénario mis en avant, c'est un peu le quotidien du joueur entre les dernières extensions de WOW, The Elder Scrolls Online et bien évidemment FFXIV. Alors il en faudra un peu plus pour nous convaincre de rejoindre les serveurs de Blade & Soul.
Un confort mitigé
NC Soft n'attend pas une chute de popularité pour rendre son jeu gratuit. Dès sa sortie, début 2016, vous pourrez donc rejoindre le site officiel et télécharger le client du jeu sans débourser un centime. L'abonnement existe et vous donne quelques boosts d'XP, des changements cosmétiques ou des avatars en plus à créer, mais la frustration ne se ressent jamais. Contrairement à Aion qui empêchait d'accéder aux canaux principaux pour discuter dès le début sans payer.
Le jeu n'est pas sorti qu'il est déjà vieux, après tout Blade & Soul fait le bonheur des joueurs coréens depuis 2012 et cela se ressent à l'écran. Les personnages sont sublimes, beaucoup apprécieront le rendu 3D des dessins de Hyung-tae Kim, et on applaudit le détail sur les vêtements, mais le décor fait un peu tâche. Et l'optimisation n'est pas encore au point, il nous arrivait d'avoir de sérieuses chutes de framerate durant la bêta fermée (accessible le week-end pour ceux qui ont réservé un pack sur le site officiel). Alors on est ravi de pouvoir y jouer l'année prochaine sans payer un centime, mais il va falloir travailler la fluidité d'ici là.
Une question de rythme
Si nous avons eu du mal à rentrer dedans ou adhérer au charme local, le système de combat nous a quant à lui bien plus séduit. Porté sur l'action temps réel, comme TERA ou Guild Wars 2, le combat nous propose trois styles de départ qui pourront évoluer par la suite pour créer des variantes martiales. Nous avons débuté par l'épée et les mouvements fluides alliés à un système de défense / contre-attaque donnent une vraie identité au jeu. Sans parler du déplacement qui ne fait pas appel à une monture mais à des techniques ancestrales pour planer ou sprinter pendant un laps de temps limité. NC Soft assume cette identité asiatique et la pousse jusqu'aux quêtes qui nous demanderont de tuer des fantômes qui hantent les habitants d'un village et de les brûler pour capturer leur âme (« Assassin ! »).
On attendra maintenant 2016 pour vérifier la qualité du PVP (une part importante du jeu), les factions opposées, la traduction française... bref vous donner le feu vert pour lâcher votre MMO en cours pour lui consacrer un peu de votre espérance de vie.