Avec Blade & Soul et la sortie en fin d'année de la nouvelle extension de World of Warcraft, 2016 est une année faste pour les joueurs de MMORPG. Et chacun y va de ses qualités et défauts pour convaincre différents publics. Blade & Soul a un PVP magistral qui pardonne une avancée PVE peu palpitante et linéaire tant que l'on ne rejoint pas le contenu end game. World of Warcraft est le pionnier qui accuse les années et peine à se renouveler, tout en conservant cette communauté prête à payer treize euros chaque mois pour y jouer (de quoi faire rêver tous les éditeurs de MMORPG). Quant à Black Desert Online, il tire son épingle du jeu en créant un MMO plus hardcore, complexe et qui ne prend jamais le temps de bien expliquer toutes ses richesses. Et c'est sans doute ce qui lui coûtera une partie du public attiré par l'esthétique alléchante et qui résumera son expérience à du bashing de monstres sans le moindre effort scénaristique.
Mais c'est tellement plus !
Après deux bêtas, le constat est sans appel, Black Desert Online est une mine de contenus malheureusement adaptée à un public de passionnés. De ceux qui vont fouiller les forums, guetter la moindre info, s'intéresser au jeu sans attendre un tutoriel pour le prévenir : « hey mon gars, tu as atteint le niveau X, tu peux aller voir ce PNJ qui va t'apprendre à... ». Le studio Pearl Abyss n'est pas pédagogue et ne s'adapte pas à son époque. Et c'est bien dommage tant ce jeu a des choses à montrer.
Qu'il s'agisse du système de connaissances où le joueur va devoir parcourir le monde pour taper des monstres et apprendre des choses sur eux qui amélioreront ses défenses et la qualité du loot. Discuter avec les différents PNJ de chaque village et développer une confiance qui va permettre de débloquer de nouvelles quêtes et items. Acheter non pas une maison mais plusieurs pour développer tout un système de commerce. Et dompter des chevaux pour les utiliser comme monture, avant de les attacher à votre carriole pour parcourir la carte en quêtes de matière première. Vous en aviez assez de charger des décors faisant la taille d'une chambre de bonne dans FFXIV et Blade & Soul ? Vous rêviez d'évasion ? Black Desert Online est là.
Un lancement inquiétant
Nous ne reparlerons pas du combat évoqué ici, mais nous évoquerons les soucis rencontrés sur la dernière bêta proposée à deux semaines de sa sortie officielle. Déjà, il faut savoir que Black Desert Online est très mal optimisé, affichant 25 FPS dans le menu alors que notre configuration va bien au-delà des recommandations de l'éditeur. Mais curieusement, tout était fluide à l'écran même lorsque nous étions envahi par une centaine de joueurs dans un village.
Le problème vient plutôt du clipping, et actuellement tout s'affiche à trois mètres de votre avatar transformant un jeu beau et détaillé en expérience épileptique et pénible. Et puis il y a l'inquiétude de la traduction française. Car à deux semaines de la sortie, entre le calage malheureux qui sort le texte des cases et le franglais (mélange de français et d'anglais) constaté sur 70% des textes, le lancement s'annonce calamiteux. Alors on essaye d'être confiant, tout en se disant que deux mois de plus pour bien finaliser le produit n'auraient pas été de trop.
Un MMO différent
Oubliez les bases découvertes dans World of Warcraft, Black Desert Online n'a rien à voir. Par exemple, il n'y a pas de donjons puisque le jeu ne propose aucun décor instancié. Vous créerez des groupes pour visiter des grottes, affronterez des World Boss gigantesques et terrifiants avec une barre de vie interminable... mais oubliez les donjons et les raids old school. C'est un choix volontaire qui pourra évoluer si la demande est trop forte, mais ce n'est pas d'actualité.
On trouvait les skins assez limitées dans Blade & Soul contrairement à d'autres MMO mais c'était Byzance à côté de Black Desert Online ! Ici, votre skin de départ n'évolue pas ou trop peu jusqu'au dernier palier. Vous pourrez acheter des vêtements dans la boutique moyennant une somme scandaleusement élevée (30 € l'ensemble en moyenne) avec pour excuse « vous ne payez pas d'abonnements ». Mais retenez bien que les tarifs sont bien plus élevés chez nous que sur la version Russe ou Coréenne, qui plus est Free to Play (oui, ils ne payent pas le jeu de base). Alors c'est très sympa de nous proposer de jolis sets et des... sous-vêtements affriolants (si, si, regardez le slider, on en a planqué un pour ne pas effrayer les plus jeunes), mais il serait bon de revoir les tarifs d'ici la sortie.
Pourquoi on aime
Malgré l'optimisation aux fraises et l'absence de skins in-game, on adore Black Desert Online car il renoue avec ce décor immense et ouvert. Sa baston est moins riche que celle de Blade & Soul mais n'en reste pas moins dynamique et l'abus de potions n'est plus un problème à haut niveau (les joueurs se plaignaient en PVP sauvage de pouvoir remonter leur barre de vie toutes les 4 secondes) vu la différence de points de vie.
Le housing est passionnant et l'on se prend au jeu d'acheter plusieurs demeures pour se créer une usine à craft ou à parcourir le monde avec sa charrue sans voyage rapide pour nous sortir du trip (on espère que vous aimez les longues randonnées !). Bref, c'est une excellente proposition qui ne cherche pas à titiller le cahier des charges du MMORPG basique. On reviendra sans doute dessus mais beaucoup plus tard, le temps de découvrir le contenu end game. En attendant, vous avez notre feu vert pour franchir le pas... mais retenez bien qu'il ne s'agit pas d'un jeu «gamer friendly», il va falloir lui consacrer du temps pour comprendre toutes ses subtilités. Et qu'il y a des chances que le démarrage ne résout pas encore les soucis techniques et la traduction particulière...