Annoncé depuis la sortie de Assassin's Creed Syndicate, ce DLC ne manque pas d'attrait sur le papier. Une prolongation de quatre à six heures dans deux quartiers de Londres, Whitechapel et City. Des événements qui plongent le joueur vingt ans après les derniers événements, ce sont donc des jumeaux vieillis que l'on nous propose de redécouvrir. Et puis il y a Jack... la «star» des tueurs en série dont l'identité restera à jamais inconnue. Il y a donc peu de chances qu'Ubisoft soit tombé sur des archives secrètes, mais le DLC séduit. Surtout que l'homme n'est pas là pour faire de la figuration mais se laisse jouer. Alors nous avons validé le voyage moyennant 15 € et force est de constater que les apparences sont parfois trompeuses.
Syndicate abrégé
La première chose qui fâche ou déçoit, c'est le manque de risques. Ubisoft ne profite pas du DLC pour changer les habitudes du joueur et l'invite simplement à répéter ce qu'il a fait sur cinquante heures de solo. Le contenu annexe est déjà vu, les objectifs des différentes séquences principales aussi, seules quelques variantes sont notables. En 1888, l'assassin n'a plus à sauver des enfants kidnappés mais des prostituées sur le point d’être tuées.
La deuxième chose qui fâche ou déçoit, c'est la disparition des bonnes idées de l'aventure principale. Diriger Londres par exemple, à la tête d'un gang. La sœur Evie n'est qu'une citadine comme les autres. Elle ne commande plus des brutes à chaque coin de rue et se fait souvent agresser par des rivaux. Pire encore, elle perd des techniques qu'elle maîtrisait avant. C'est comme si tout ce que l'on avait entrepris sur le jeu principal n'avait servi à rien. Et puis on regrette qu'Ubisoft n'ait pas profité du DLC pour créer une coopération réelle entre les jumeaux. À l'inverse, ils ont choisi de faire disparaître le frangin et de ne vous faire jouer que la sœur !
Les nouveautés discutables
Les développeurs ont créé un nouveau système de jeu tournant autour de la peur. Lorsque vous incarnez le tueur en série, il est possible de crier pour effrayer tout un périmètre de cibles ou de les massacrer au couteau, les cris de douleur faisant fuir les autres. Conscients que cette tactique rend le joueur invincible, les développeurs ont ajouté des ennemis immunisés aux cris et qui se chargeront de calmer les ennemis effrayés.
Las, si cela fonctionne sur papier, on frôle le ridicule à l'écran. Surtout lorsque Evie dispose des mêmes techniques mais remplace le cri par des bombes de frayeur. On attaque ainsi les missions de la même manière, à tuer les immunisés au couteau de lancer avant de jeter des grenades un peu partout dans le décor. Et cela se termine généralement avec une quinzaine d'individus hurlant dans le décor et vous, terminant tranquillement l'objectif... la larme à l'oeil devant ce spectacle effrayant d'absurdité. Pour une saga qui a toujours misé sur le charisme de son héros, le DLC ne lui fait pas honneur.
En bref
Alors non, si le but était de nous offrir un rab' original et réussi, Ubisoft a loupé sa mission. À 15 €, on trouve même le voyage onéreux vu le déjà-vu omniprésent. Mais tout n'est pas mauvais. On retient les nouveaux lieux à infiltrer, la possibilité d'incarner Jack L’Éventreur ou l'atmosphère lugubre lors des enquêtes pour retrouver la trace du meurtrier. Avec des grands noms de l'époque, notamment Mary Jane Kelly reconnue officiellement comme la dernière victime du tueur en série. Et on apprécie aussi les nouveaux boss à assassiner, qui se rajoutent aux sept cibles de la quête principale.
Pour cette ambiance, on ne regrette pas (trop) le voyage, mais on ne saurait que trop vous conseiller de suivre les réductions du Xbox Live / PSN pour lui pardonner bien des maladresses et profiter des quelques idées intéressantes. Mais c'est évident, le DLC n'est pas à la hauteur de son inspiration.