Quel est ton parcours ?
La musique est ma passion depuis toujours, cela fait 14 ans que je pratique la clarinette au conservatoire. Diplômé il y a 2 ans de l’ISTS (groupe ESRA) qui m’a formé au métier d’ingénieur du son, j’ai galéré pendant 1 an à trouver des contrats. Alors j’ai fini par prendre le statut d’auto-entrepreneur, mais finalement je n’ai pas eu beaucoup plus de boulot. J’ai donc cherché une solution pour concilier travail et passion.
Comment t’es-tu décidé à créer ton entreprise ?
J’ai voulu enregistrer un disque, je me suis donc renseigné et c’est là que je me suis rendu compte de la complexité pour un petit artiste d’être produit.
Un jour l’un de mes professeurs du conservatoire m’a dit « si tu galères, trouve un concept qui n’existe pas et créé ton entreprise ». Cela a été le déclic. Je me suis souvenu de ma tentative de disque et j’en ai parlé à mes amies Claire et Anne, elles aussi musiciennes. On a mûri le projet Classiquez! pendant plusieurs mois. Et en décembre 2015 on s’est lancés !
Quel est ce concept de Classiquez! ?
On produit des disques avec un pack tout compris : mixage et mastering, graphisme, production, pressage. A la différence des producteurs focalisés sur le profit, on propose du conseil personnalisé afin de redonner un côté humain et artistique à la production musicale, pour de petits artistes comme des personnalités connues. Nos clients veulent casser l’image du classique, nous apportons la touche d’originalité qu’ils recherchent.
Qu’est ce qui te plait le plus dans le fait d’avoir créé ton entreprise ?
Je dois tout le temps relever des défis donc me dépasser. Etre son propre patron c’est top : tu répartis ton travail comme tu le souhaites tant que tu respectes les dead-lines. Je suis dans le classique et je fais du son, j’ai trouvé un moyen de concilier loisir et travail.
Et les inconvénients ?
Pas de frontière boulot et vie privée. Nous n’avons pas encore de locaux et pas d’horaires fixes. Les dimanches et jours fériés n’existent pas. La paperasse me prend pas mal de temps : il faut répondre aux demandes de devis, s’occuper de tout ce qui est administratif et financier, gérer les imprévus… C’est aussi un investissement car les banques étaient frileuses : pour démarrer on a commencé avec un capital de départ d’environ 2500€, en plus duquel j’ai investi 7000€ de ma poche en fournissant le matériel son.
Quels conseils donnerais-tu aux jeunes qui hésitent encore à franchir le pas ?
Lancez-vous ! C’est une super expérience à vivre. Quand tu es jeune il y a moins de risques, au pire cela ne marche pas et au mieux tu fais un boulot qui te plait et tu te sens fier et utile. A 40 ans on a peut-être moins envie et plus à perdre.
Trouvez une idée qui pallie un manque et construisez votre projet autour de ça. Mais surtout : faites-vous plaisir.