Est-ce que tout le monde peut devenir artisan ?
En France, la scolarisation est obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans. Ensuite on peut s’orienter vers l’apprentissage. Certains jeunes choisissent la voie de l’artisanat dès la 3e.
Mais, contrairement aux idées reçues, 25% des apprentis ont un niveau baccalauréat ou supérieur. Ce sont des jeunes qui ont cru que l’enseignement général (voire les études universitaires) répondraient à leurs aspirations, et qui ne s’y retrouvent pas. Face à un monde de plus en plus virtuel, ils recherchent de la valeur, du sens. L’artisanat répond à cette attente.
Les débouchés sont-ils prometteurs ?
Beaucoup d’artisans français font un carton à l’étranger ! Dans l’alimentation évidemment (boulangers, bouchers, cuisiniers…) mais aussi la coiffure par exemple, ou encore certaines spécialités du bâtiment, notamment aux Etats-Unis.
Il n’y a pas assez de jeunes qui se tournent vers cette voie. Il existe actuellement 100.000 postes à pourvoir dans l’artisanat.
Aujourd’hui, le marché du travail a besoin de personnes opérationnelles, les jeunes artisans correspondent à ce besoin.
Mais l’artisanat, c’est un peu « old school » non ?
Si vous pensez à la pénibilité, les avancées technologiques ont permis d’améliorer notablement les conditions de travail. La meilleure preuve c’est la féminisation grandissante de ces métiers (boulangerie, pâtisserie, mais aussi boucherie, mécanique, et même dans le bâtiment).
Et puis les artisans savent se réinventer et innover, ils sont au cœur des technologies de pointe.
Mais peut-on parler de voie prometteuse ?
En général on commence en tant qu’apprenti, puis salarié pendant 5 à 10 ans et – quand les moyens financiers sont réunis – l’artisan devient chef d’entreprise.
A chaque pôle de spécialité correspond des métiers d’avenir. Par exemple ?
- Dans le bâtiment pensez à tous les postes techniques nécessaires dans le secteur du développement durable ou de l’économie d’énergie.
- Dans la fabrication, certains domaines de pointe ne peuvent pas être réalisés industriellement et nécessitent l’intervention d’artisans, comme les sièges de pilotes d’avions par exemple.
- Pour les services à la personne, avec le vieillissement de la population, il y a foison de postes à pourvoir.
- Et dans l’alimentation : après l’ère de la grande distribution des années 70, le marché a évolué, les clients sont en quête de proximité et de traçabilité.
Bref, l’artisanat est complètement dans l’air du temps.
Est-ce qu’il faut avoir un profil spécifique pour devenir artisan ?
Simplement être volontaire et aimer ce qu’on a envie de faire… Souvent on a opposé la main et la tête. Alors que dans les métiers de l’artisanat il faut allier les deux.