Qu’est-ce que le micro-entreprenariat et pourquoi séduit-il autant ?
Fin juin 2015, le réseau des Urssaf comptabilise 1 075 000 auto-entrepreneurs inscrits. Parmi eux, 600 000 déclarent un chiffre d'affaires positif au deuxième trimestre 2015, soit 55,9 % du total.
Créé en 2009, le régime d’auto-entrepreneur permet d'exercer une petite activité professionnelle indépendante, dans le secteur commercial, libéral ou artisanal. Aujourd’hui on parle de micro-entrepreneur. Il s’agit d’un entrepreneur individuel, inscrit au Registre National des Entreprises (RNE), mais bénéficiant de nombreuses mesures simplificatrices, destinées à minimiser les coûts administratifs.
Le micro-entrepreneur facture des services ou produits à moindre coût, sans être assujetti à la TVA.
S’agissant d’un régime micro-fiscal, un plafond de revenus annuels de doit pas être dépassé :
- 32 600€ pour les prestations de service
- 81 500€ pour les activités de commerce et de fourniture de logement
Micro-entrepreneur : les 7 pièges à éviter
Envie de créer sa boîte sans prendre trop de risques ? De développer une activité connexe tout en restant salarié ? De se lancer en indépendant sans perdre pied ? Bonne idée ! Voilà tout ce qu’il faut savoir…
1. Fiscalité : apprendre à anticiper
Même si vous n’avez pas un profil d’avocat fiscalise et que les chiffres vous rebutent, renseignez-vous en amont pour le calcul de vos cotisations sociales et autres charges fiscales. Sachez aussi que l’auto-entrepreneur reste également sujet à des obligations comptables.
2. Comprendre la franchise TVA
Quand un prestataire dresse une facture, il y a le montant hors taxe (HT) c’est-à-dire le prix net, et le montant toutes charges comprises) avec 20% de TVA qui s’ajoutent.
La bonne nouvelle c’est que le micro-entrepreneur n’est pas assujetti à la TVA. La mauvaise nouvelle c’est que si vous investissez dans du matériel par exemple, vous devrez régler cette fameuse TVA (20%) sans pour autant alléger votre revenu imposable. Tenez-en compte quand vous dressez vos devis et grossissez un peu la note afin d’être au même niveau que le tarif hors taxe de vos concurrents, et d’éviter d’être perdant.
3. Un régime de cumulards (1)
53% des auto-entrepreneurs déclarent qu'il s'agit de leur unique ou principale activité. 43% cumulent auto-entrepreneuriat avec un emploi salarié (36% dans le secteur privé et 7% dans le secteur public). Mieux vaut être endurant !
4. Un bon rythme de travail
Certains vous diront qu’ils sont leur propre patron, d’autres qu’ils sont devenus leur propre esclave. La micro-entreprise n’est pas forcément synonyme de liberté. Tout vous incombe : rédiger les factures, gérer les contrats, relancer les clients… et ça prend du temps ! Mais c’est aussi l’occasion de découvrir d’autres aspects de votre métier.
5. Un système de protection sociale bien spécifique
En terme de droit au chômage ou à la retraite, le régime n’est pas des plus attractifs. Pour preuve : 81% des auto-entrepreneurs souhaitent "une convergence des protections sociales entre salariés et indépendants" (2). Affaire à suivre…
6. Protégez-vous en cas de pépin
L’auto-entrepreneur est personnellement et indéfiniment responsable des dépenses engagées pour son activité. Ce qui signifie qu’en cas de dette on peut saisir vos biens. Des solutions existent comme la déclaration d’insaisissabilité chez un notaire, ou le régime de l’EIRL (Entrepreneur Individuel à Responsabilité Limitée). Il est aussi recommandé de souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle.
7. Salariat déguisé ?
30% des auto-entrepreneurs ont un client qui draine plus de 50% de leur chiffre d’affaires. Ils n’étaient que 14% en 2014. Traduction ? Certains employeurs détournent le système et nomment « prestataire » un salarié qui lui coûte moins cher… Il est donc préférable de diversifier sa clientèle.
Le petit conseil en plus… Le régime de la micro-entreprise reste une solution idéale pour une personne salariée souhaitant développer une activité complémentaire ou tester un projet avant de se lancer. Dès que votre chiffre d’affaires décolle, optez pour un régime juridique plus favorable.
(1) Enquête de l'Union des Auto-Entrepreneurs (UAE) et de la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires, décembre 2015, réalisée auprès de 605 auto-entrepreneurs
(2) Enquête de l'Union des Auto-Entrepreneurs (UAE) et de la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires, décembre 2015, réalisée auprès de 605 auto-entrepreneurs