Cette étude passe à la loupe 180 équipes chez Google. Elle a mobilisé pendant plus d’un an des statisticiens, psychologues, chercheurs, sociologues… Conclusion ? Nos méthodes managériales sont à revoir.
Un casse-tête scientifique
Les membres qui composent les équipes étudiées, appartenant pourtant à la même entreprise, manquent de dénominateur commun : passions, antécédents académiques, hiérarchie, situation sociale, personnalité… tout diverge. Dans ces conditions, difficile de trouver des corrélations entre les sujets de l’étude.
Les chercheurs se sont donc intéressés aux normes – aux règles non-écrites – qui régissent ces groupes. Leur analyse révèle que la performance d’une équipe ne repose finalement pas sur la qualité de ses membres, mais sur la façon dont ils travaillent ensemble.
En bref, quand les salariés sont bienveillants les uns envers les autres, le groupe s’avère plus productif. Les meilleures équipes sont celles où règne la gentillesse.
La gentillesse, clé du travail en équipe ? Zoom sur la « sécurité psychologique »
Le projet Aristote montre que les groupes les plus efficaces sont ceux où les individus se sentent libres de proposer leurs idées, de donner leur point de vue sans avoir peur d’être mis à l’écart ou ignoré.
Un constat qui repose sur la notion de « sécurité psychologique » c’est-à-dire « le fait que les membres d'une équipe pensent qu'ils peuvent prendre des risques interpersonnels en toute sécurité» explique Amy Edmondson, professeur de management d’Harvard Business School. L’universitaire poursuit : "un climat caractérisé par la confiance interpersonnelle et le respect mutuel, dans lequel les gens se sentent à l'aise." (1) Etre sympa entre collègue rend ainsi l’équipe plus efficace.
Mais quand on cherche à savoir comment instaurer cette sécurité psychologique, l’affaire se corse… L’enquête révèle surtout qu’il n’existe pas de recette miracle. La sécurité psychologique d’une équipe est essentielle mais reste fragile. N’empêche que la gentillesse devient synonyme de valeur ajoutée, et ça c’est une bonne nouvelle.
(1) Google a-t-il découvert le secret des équipes les plus productives ? Les Echos, 30/03/2016