Nous sommes aujourd’hui habitués à découvrir un nouveau Call of Duty chaque année mais cette licence sur laquelle repose essentiellement l’éditeur Activision n’est née qu’en 2003. En une dizaine d'année, pendant que des millions de joueurs jouaient à la geurre, c'est une véritable guerre qui se jouait en coulisses, notamment entre Activision et Electronic Art qui avait ouvert le bal en sortant Medal of Honor… un jeu imaginé par Steven Spielberg alors qu’il était en train de finaliser Il Faut Sauver le Soldat Ryan et qu’il surpris son fils de 12 ans en train de jouer à Golden Eye sur Nintendo 64 !
Dans l’excellent livre électronique de Sébastien Delahaye (@Netsabes sur Twitter) intitulé "Call of Duty : Les coulisses d'une usine à succès" c’est précisément les coulisses de cette guerre pour le marché du FPS qui nous sont racontées pour la première fois. Le livre se lit comme un véritable roman d’espionnage dans lesquel on découvre les relations parfois troubles qui lient les studios de développements aux gros éditeurs des jeux, en l'occurence Activision mais aussi Electronic Arts. On comprend ainsi mieux comment certains jeu arrivent sur le marché et pourquoi d’autres sont tués dans l’œuf… mais aussi se cache derrière les régulières news qui concernent les départs de patrons de studios.
J’ai profité de l’annonce du prochain Call of Duty, Advanced Warfare pour poser 3 questions à l’auteur de cet ebook, Sebastien "Netsabes" Delahaye :
Bamar : Toi qui suit beaucoup les "affaires" de l'industrie, les procès et autre embrouilles entre studios et éditeurs est-ce que considères que au delà de Call of Duty , ton livre reflète ce qui se passe aujourd'hui dans l'industrie du jeu vidéo en général ?
Sébastien Delahaye : Des procès, il y en a tout le temps, dans l'industrie du jeu vidéo comme ailleurs. En ce moment, il y a deux autres grosses embrouilles publiques : entre 3D Realms et Gearbox, et entre Oculus et ZeniMax, autour du travail de John Carmack. Ce qui était un peu spécial pour Call of Duty, c'est le nombre de plaintes et leur dimension publique : comme Jason West et Vince Zampella, les co-fondateurs d'Infinity Ward et de Respawn, avaient un agent (le même que pour Ken Levine, Will Wright et Patrice Désilets), ils ont rendu leurs mésaventures publiques. Du coup, ça a donné une tonne de documentation sur les petites bastons derrière la plus grosse franchise de jeux du moment. Les autres studios et éditeurs tentent généralement de régler leurs soucis de manière plus privée.
Bamar : Peux tu nous donner ta réaction à chaud à la diffusion du trailer de Call of Duty Advanced Warfare et que penses tu du fait du passage de 2 à 3 studios dédiés aux productions Call of ?
Sébastien Delahaye: Concernant Advanced Warfare, j'avoue que je suis un peu surpris : le jeu correspond à peu près à ce qu'on en savait jusqu'à présent, mais l'ajout d'un ennemi présenté dès le premier trailer (et incarné par Kevin Spacey qui plus est) semble indiquer une volonté de simplifier les intrigues nébuleuses de la série. Du coup je suis curieux, même si je doute que ça réinvente quoi que ce soit. Et puis Sledgehammer, ce sont déjà des habitués : c'est leur deuxième CoD après Modern Warfare 3, et tous les studios habituels d'Activision qui font de la sous-traitance sur la série (Neversoft, Raven, High Moon...) vont probablement également participer. Le plus étonnant, c'est peut-être qu'Activision sorte à deux mois d'intervalle deux FPS futuristes : Destiny et Advanced Warfare.
Bamar : Vas tu sortir un DLC pour ton livre pour tenir compte de ce nouveau Call of Duty ?
Sébastien Delahaye : En fait, on a déjà sorti une mise à jour pour le livre, qui ajoute les documents (jamais rendus publics auparavant à ma connaissance) de la première plainte, qui opposait 2015 Inc. à Infinity Ward. Du coup, on a découvert que mettre à jour un bouquin sur Kindle, c'est bien plus compliqué que mettre à jour une app sur téléphone ou un jeu sur Steam : il faut qu'Amazon valide la mise à jour à la main. En pratique, les nouveaux acheteurs ont la nouvelle version, et les anciens acheteurs n'ont pour l'instant aucun moyen de l'avoir. Du coup, je viens de mettre en ligne les changements à cette adresse.
En conclusion, que vous soyer ou non un fan de Call of Duty, je ne peux que vous recommander l’achat de ce livre qui vous en apprendra beaucoup sur les coulisses de l’industrie du jeu vidéo. Il est dispo en téléchargement sur Amazon pour 4,89 € et vous pourrez le lire sur tous les appareils (mac, pc, android, ios...) grâce aux applications gratuites de Kindle d’Amazon.