Concernant les romans, les conditions pour basculer dans le domaine public restent assez claires : 70 ans après la mort de leur auteur. Celles qui permettent aux films d’accéder à ce statut sont plus compliquées. L’un des cas les plus célèbres est celui de La Nuit des Morts-Vivants, de George Romero (1968), tombé dans le domaine public parce que le distributeur avait oublié d’y mettre un copyright. D’autres films sont tombés dans le domaine public parce que leur copyright n’a pas pu être renouvelé… Quoi qu’il en soit, leur nombre grandit de plus en plus. Nous avons choisi cinq pépites : SF, fantastique, documentaire récent, il y en a pour tous les goûts. Servez-vous !
Nosferatu, de Friedrich-Wilhelm Murnau (1922)
L’un des premiers films consacrés aux vampires a presque un siècle. Il figure toujours en tête des meilleurs films fantastiques, et il y a de quoi : l’apparence du vampire et le jeu que le réalisateur instaure avec ses ombres a été maintes fois imité depuis. Le film est une libre adaptation du roman Dracula, dont le réalisateur n’a pas réussi à obtenir les droits. Si vous n’avez pas aimé Twilight, que vous appréciez les univers gothiques ou que vous avez envie de savoir d’où vient le look de vampire aux oreilles pointues, passez une heure trente devant ce classique en libre accès.
Je suis une légende, d’Ubaldo Ragona et Sidney Salkow (1964)
Avant le film avec Will Smith, l’adaptation du roman de Richard Matheson a été réalisée avec Vincent Price, célèbre acteur des studios Hammer, dont le registre est bien plus étendu qu’on pourrait le croire. Le titre original vous donnera une meilleure idée de l’histoire : The Last Man on Earth (Le dernier homme sur Terre) raconte l’histoire d’un homme qui survit, apparemment seul, dans un monde où une infection a transformé tout le monde en vampires. Quel sera son destin ? A vous de le découvrir… et de réfléchir longtemps à cette histoire ensuite.
The Internet’s Own Boy, de Brian Knappenberger (2014)
Un film récent dans le domaine public ? Eh oui, c’est possible, surtout si l’on tient compte du fait qu’il s’agit d’un documentaire sur Aaron Swartz. Ce jeune « hacktiviste » et grand défenseur des libertés numériques, suicidé en 2013, est encore trop peu connu du grand public. Pourtant, son combat pour l’accès libre à la connaissance a fait des émules. Le film, à la fois hommage émouvant et portrait passionnant, est disponible sur Archive.org (l’un des sites spécialisés dans le partage des documents tombés dans le domaine public), mais aussi en version sous-titrée sur Youtube. Il est accessible à tous : on s’en doute, ça n’aurait pas déplu à celui dont il est l’objet.
Metropolis, de Fritz Lang (1927)
« Ah, Metropolis, c’est le film en noir et blanc avec le robot qui ressemble à C3PO ? », direz-vous. C’est une façon de voir. Metropolis, c’est aussi le meilleur moyen de vous familiariser avec le cinéma expressionniste muet allemand (non, ne partez pas tout de suite). Ce classique de la science-fiction mêle aussi des influences romantiques et fantastiques. L’histoire se déroule dans un futur dystopique, où Maria, une ouvrière, et Freder, un riche héritier, tentent de réunir leurs classes respectives. Pendant ce temps, un savant met au point un robot humanoïde qui pourrait bien faire échouer leur plan. L’avantage d’un film muet aussi célèbre, c’est que plusieurs compositeurs lui ont écrit une bande originale : à vous de choisir celle que vous préférez, à moins que vous ne trouviez une playlist idéale pour accompagner votre visionnage.
Carnival of Souls, de Herk Harvey (1962)
Ce film, connu d’un public d’initiés, fait de plus en plus parler de lui ces dernières années. S’il est à ce point redécouvert, c’est probablement parce qu’il a influencé nombre de cinéastes – notamment M. Night Shyamalan et David Lynch. C’est un film fantastique, mais sans aucune trace de gore dedans. Le point de départ de l’intrigue est simple : une jeune femme a un accident de voiture, y survit et tente de reprendre le cours de sa vie, tout en étant poursuivie par un étrange individu. (A ce stade, il est quasiment certain que la moitié d’entre vous a déjà deviné la fin.) Trame classique, pensez-vous ? Pas pour l’époque.
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