[Test] GRIS : (re)découvrez la pépite artistique signée Nomada Studio

Le

Après presque un an d’attente, Gris bénéficie d’un portage sur PlayStation 4. Disponible depuis le 26 novembre 2019, le titre de Nomada Studio n’a rien perdu de sa superbe…

Une direction artistique et une atmosphère qui touchent au sublime

Gris se distingue avant tout par son visuel hors norme, entièrement dessiné à la main. La richesse des couleurs et les contrastes nuancés évoquent un style impressionniste du plus bel effet. Le débordement de certaines teintes et la palette de tons qui privilégient un aspect pastel magnifient le level design. La direction artistique est également soutenue par une bande-son éthérée qui développe une ambiance à la fois mélancolique et onirique. Cette 2D épurée réalise des merveilles. Si besoin est, elle démontre que les limites techniques n’influent guère sur un imaginaire inspiré.

Une autre approche du jeu vidéo

Au-delà de sa réussite esthétique, le titre de Nomada Studio use d’un concept pour le moins original. À la manière de Journey ou de Flower, Gris propose une progression intuitive qui se focalise sur les sens du joueur. Des indications sonores et visuelles se manifestent pour que le joueur interagisse avec l’environnement. Cela peut se traduire par un changement de musique ou encore d’éléments du décor qui présentent des couleurs différentes. Ces dernières sont généralement associées à un élément, comme le rouge pour l’air ou le vent et le bleu pour l’eau. La progression reste fluide et entraînante.

De la plateforme 2D classique ?

Dans les fondamentaux, Gris se révèle un jeu de plateformes. Le personnage éponyme peut réaliser un double saut, et porte une robe dotée de pouvoirs. Celle-ci peut se durcir et ainsi atteindre des fonds sous-marins pour explorer de nouvelles zones autrement inaccessibles. Les commandes sont simples et réactives. À noter que le portage a particulièrement soigné la transition entre le clavier d’un PC et la manette d’une console. Afin de privilégier l’expérience et non le challenge, la difficulté s’axe essentiellement autour de la construction des énigmes. La dextérité requise pour les sauts reste assez permissive. Même si la durée de vie n’excède pas 5 ou 6 heures, l’aventure se révèle intense.

Quand on voit la vie en rose… ou en gris

Empreint de poésie, Gris offre une grande part d’interprétation. Son scénario est en effet dépourvu de dialogues. Toute la communication passe par le ressenti, les images et la musique. Il n’est donc pas étonnant que la connotation métaphorique reste prépondérante dans ce cheminement tout personnel. Piégée dans son monde intérieur, la jeune fille que l’on incarne doit faire face à ses tourments. Distorsion de la réalité, rêveries teintées de nostalgie, névroses ? Le fond du jeu fait preuve d’une grande maturité, tout en mettant en avant la complexité de l’esprit humain. Une aventure initiatique qui ne peut laisser indifférent…