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Stromae et la mort: des rumeurs à la polémique

© Getty

Stromae mort? Des rumeurs qui persistent

«Est-ce que Stromae est mort?»  est la question que de nombreux internautes se posent au fur et à mesure des rumeurs sur la mort de l’artiste belge qui circulent sur internet. Ce sont des rumeurs auxquelles font face beaucoup de stars et Stromae n’en est pas épargné.

Ces fausses informations annonçant sa mort, sont nombreuses ces derniers temps. La dernière rumeur en date, annonçant son décès est celle remontant à août 2018. Un pseudo site d’information «dévoilait» la mort de l’artiste belge, invitant ceux qui souhaitent lire l’article à partager le contenu sur leur fil d’actualité Facebook, contribuant ainsi à la circulation intempestive de ce genre de «fake news». Ces sites affirmaient alors que «le célèbre chanteur Stromae est mort aujourd’hui à cause d’un accident de la route», à l’âge de «34 ans.»

La «mort» de l’artiste avait déjà fait le tour d’internet. En 2016, Stromae avait été déclaré décédé à New York après qu’un livre de fiction, écrit par le journaliste Thierry Colijon a été publié. Le titre de l’ouvrage était «Stromae est mort à New York», créant un quiproquo qui a enflammé la toile.

Ces rumeurs interviennent alors même que Stromae fait face à de nombreux problèmes de santé suite à sa prise de Lariam, un médicament antipaludique pris lorsqu’il a effectué sa tournée en Afrique en 2015. En 2017, il déclarait au micro de RTL: «Je perds la boule complètement. C'est vraiment pas chouette. J'ai fait une rechute il n'y pas longtemps. Alors que je ne m'impose pas d'horaires compliqués».

La mort du père de Stromae

Si Stromae, de son vrai nom, Paul Van Haver, est victime de nombreuses rumeurs annonçant son décès. Le chanteur belge a malheureusement côtoyé la mort de près. Très jeune, il perd son père, massacré au Rwanda lors du génocide survenu en 1994. Ce n’est que trois ans après, à l’âge de 12 ans, qu’il apprend sa disparition.

Un traumatisme que Stromae raconte, à demi-mot, dans sa chanson «Papaoutai». Un morceau dans lequel il raconte l’absence de son père. Dans le magazine L’Express, qui dresse le portrait de l’artiste, Stromae narre la façon dont il a découvert le décès de ce dernier.

A partir d’avril 1994, Stromae, âgé de 9 ans, explique avoir remarqué que «les conversations s’arrêtent quand il entre dans une pièce». Il se rappelle également des sanglots et des yeux mouillés sur les visages de ses proches à cette même période. Stromae, dont le père était souvent absent et avait quitté sa mère pour retourner au Rwanda, alors qu’il n’avait que 6 ans, ne comprend pas de suite ce qu’il se passe. Personne ne l’informe à ce moment-là que Pierre Rutare, son père, est mort massacré comme «800 000 autres Tutsi», après avoir été «emmené par les hommes de la garde présidentielle», détaille le chanteur dans les colonnes du magazine.

C’est Stromae lui-même qui finira par briser ce sujet tabou en demandant, trois ans plus tard si son père est mort: «Je l'avais un peu deviné. Alors, je n'ai pas pleuré. Peut-être que je m'étais préparé, barricadé. Il n'empêche : ce papa qu'on n'a pas vu petit, on ne pourra pas, plus tard, rattraper le temps perdu avec lui. C'est cela, le deuil», raconte celui qui est devenu, lui-même, père d’un garçon, en septembre 2018.

Stromae: quand Charlie Hebdo parle de la mort de son père

Les proches de Stromae sont choqués de la Une de Charlie Hebdo, un journal français satirique, daté du 30 mars 2016, à l’effigie de Stromae, évoquant la mort de son père «découpé en morceaux».

Dans le quotidien belge néerlandophone «Het Nieuwsblad» la famille du chanteur belge est indignée du dessin de Riss, rédacteur en chef du journal, montrant Stromae sur un drapeau belge, demandant «Papa où t’es», en référence à son hit planétaire «Papaoutai». Autour de lui, des membres humains arrachés qui répondent «ici», «là», «et là aussi». Le journal traite alors, dans ce numéro, de l’attentat de Bruxelles, survenu une semaine plus tôt, le 22 mars 2016.

Mais par cette couverture, les proches de l’artiste voient une référence à la propre mort du père du chanteur, massacré lors du génocide rwandais. Un parallèle douteux pour illustrer l’horreur de l’attentat. Comme le rappelle l’entourage de Stromae, le corps du père du chanteur a été «découpé en morceaux».

Un père, que le chanteur n’a pas beaucoup connu mais à qui Stromae a rendu hommage en 2015 lors d’une prestation à Kigali au Rwanda. Devant ses fans, l’artiste avait alors déclaré: «Je ne l’ai jamais fait mais je crois que c’est l’heure, l’endroit. Pour la première fois, j’aimerais faire une grosse dédicace à mon papa.»

Les proches de Stromae s’interrogent alors, l’équipe de Charlie Hebdo était-elle au courant de cette histoire avant de publier cette couverture? Beaucoup d’internautes ont été choqués par cette couverture. «Le père de Stromae a été tué découpé en morceaux lors du génocide rwandais. Charlie Hebdo est fort minable», conclu une internaute en terminant par une référence au hit du chanteur belge «Formidable».

En réponse, une image de la couverture, détournée, a beaucoup circulée sur Twitter. On peut voir le personnage d’ «Où est Charlie?», en larmes devant le drapeau français, avec des membres humains autour de lui et les mêmes interrogations que sur la couverture initiale «Ici», «Ici», «Là», «Et là aussi».

Le chanteur, ne s’est pas exprimé sur cette Une du journal satirique.