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Saints Row : l'histoire du clone fou de GTA

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Quand un outsider décide de jouer sur les plates-bandes d’un poids lourd

Peu de titres sont parvenus à concurrencer GTA au fil des années. Il y a bien Mafia et ses incursions historiques ou Yakuza et son approche nipponne du genre. Mais seul Saints Row semble faire de l’ombre au blockbuster de Rockstar North. Pourtant, le jeu se montre inférieur d’un point de vue technique. En ce qui concerne le contenu, il propose des aventures similaires. Dans ces conditions, il paraît difficile de comprendre l’engouement autour de cet outsider. Mais la concurrence n’est pas directe, car Saints Row joue la carte de l’autodérision.

Pourquoi est-il si délirant ?

Dès son premier opus en 2006, Saints Row présente un humour décalé. À partir d’un contexte violent, le titre de Volition, Inc. (Red Faction) détourne les codes du genre par des dialogues légers et des confrontations parfois cocasses. L’atmosphère urbaine de grandes mégalopoles fictives est également atténuée avec des couleurs chatoyantes et des contrastes vifs. La possibilité de personnaliser son avatar et les prémices du jeu en ligne le démarquent aussi de GTA.

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Une saga qui s’affirme et se complaît dans l’humour déjanté

S’ensuit Saints Row 2 en 2008 qui affine le système de réputations, ainsi que les différentes options de personnalisation. L’environnement gagne en profondeur avec une population réactive, un arsenal varié et des effets météorologiques davantage présents. Cet excellent apriori se confirme avec Saints Row: The Third qui sort en 2011. La tonalité est toujours aussi irrévérencieuse et sarcastique pour une expérience délirante. Toutefois, ce volet reste l’épisode de la continuité et non de l’innovation.

Un grand pouvoir qui… n’implique aucune responsabilité !

À l’origine, Saints Row IV devait être une simple extension du précédent opus avant de devenir un titre à part entière en 2013. Étrangement, l’ambiance si mordante se détourne du jeu classique de gangsters pour se rapprocher des univers de super-héros. La présence de super-pouvoirs rappelle inévitablement inFamous. La coopération est valorisée pour cette quatrième incursion. Les éléments de gameplay s’en retrouvent quelque peu modifiés pour une expérience toujours aussi jouissive. On regrette néanmoins un aspect technique vieillissant qui se solde par une intelligence artificielle ronflante et de nombreux bugs graphiques.

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De multiples déclinaisons pas toujours convaincantes

Le 23 janvier 2015, la licence sort deux jeux simultanément. Saints Row: Gat out of Hell est un stand-alone du quatrième épisode, tandis que Saints Row: Re-Elected n’est autre que le remake de ce dernier pour PlayStation 4 et Xbox One. Dernière incursion en date pour la saga : Agents of Mayhem. Il s’agit d’un spin-off se déroulant dans un Séoul fictif. Malgré des combats réussis, les missions se révèlent redondantes et l’humour est moins présent qu’auparavant. En espérant que ces écueils soient corrigés avec l’éventuelle annonce d’un Saints Row V