Narcos : les erreurs historiques que fait la série en transformant la réalité

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Malgré son réalisme et le travail très détaillé des scénaristes, Narcos reste une série de fiction. Alors même quand il s'agit de parler de faits réels, la série prend parfois quelques libertés.

Des détails familiaux modifiés

Si le carton de "Narcos" régale les spectateurs depuis ses débuts en 2015, certains ne voient cependant pas d'un très bon œil la série de Netflix. C'est notamment le cas d'un certain Sebastián Marroquín, un architecte et écrivain colombien, qui s'est fendu après la diffusion de la première saison de la série d'un long post sur son compte Facebook pour pointer les nombreuses incohérences de Narcos autour du personnage de Pablo Escobar. Loin d'être un simple spectateur, Marroquín est plutôt bien placé pour donner son avis pour une raison simple : son vrai nom est en fait Juan Pablo Escobar, et il est l'un des deux enfants de Pablo Escobar. Loin de vouloir défendre la mémoire de son père (il a écrit des livres et tourné un documentaire pour s'excuser de ses crimes), l'écrivain offre cependant sa propre version des faits retranscrits de la série. Escobar se serait notamment montré nettement moins tyrannique envers son épouse et ne l'aurait notamment jamais forcé à le suivre dans ses cachettes. Marroquín reproche aussi à "Narcos" un portrait trop positif de la mère de Pablo, qui aurait en réalité trahi son fils en s'alliant contre lui avec le frère d'Escobar, Roberto. Quant au personnage de Carlos Henao, le frère de Maria, il n'aurait jamais pris part aux activités de son beau-frère. Même l'équipe de foot qu'Escobar soutient dans la série serait en fait la mauvaise !

Des incohérences dans la chronologie

Au-delà du portrait fait de son père, Sebastián Marroquín pointe aussi du doigt de nombreuses incohérences dans la chronologie des événements présentés dans la série. Il conteste notamment l'épisode de l'évasion spectaculaire de la cathédrale de Medellín, qui n'aurait pas été aussi violent que filmé à l'écran, et au cours duquel Escobar n'aurait bénéficié d'aucun soutien des autorités judiciaires colombiennes. Certains assassinats et autres règlements de compte n'auraient également jamais eu lieu dans la vie réelle, que ce soit l'attaque du mariage de la fille du baron de la drogue Gilberto Rodriguez ou le meurtre du colonel Carrillo. Marroquín s'insurge également du portrait fait de certains alliés de son père, comme le passeur El Lion, chargé de représenter le cartel de Medellín à Miami, et qui n'aurait en réalité jamais trahi Escobar. Enfin, c'est aussi à l'ordre illogique de certains événements que s'en prend le fils de Pablo Escobar, certains personnages n'ayant selon lui jamais pu apparaître à certains moments, car ils étaient déjà morts ou emprisonnés.

Déconstruire le mythe Pablo Escobar

Au cœur de la critique de Sebastián Marroquín, il reproche surtout à la série d'avoir par moments retouché la légende de son père, la présentant comme moins glorieuse que ce que l'on peut voir sur Netflix. Les riches propriétés transformées en bunkers surarmés ? De la pure invention selon l'artiste colombien, qui raconte avoir plutôt grandi dans des taudis et des maisons beaucoup plus modestes au cours de leur cavale. Les ambitions politiques de son père auraient aussi été exagérées, notamment sa haine de la ville de Cali, où s'est formé le puissant cartel rival de celui de Medellín. Enfin, Marroquín rappelle qu'à la fin de sa vie, Escobar n'était plus le puissant baron qui tenait son clan de main de fer. Selon lui, son père est mort dans la solitude, abandonné par quasiment tous ses hommes de main, quand ces derniers n'étaient pas morts ou en prison. Seuls El Angelito et El Chapo seraient restés aux côtés d'Escobar jusque pendant ses dernières heures. Mais malgré ces libertés prises avec l'Histoire, nul doute que les fans de la série sauront toujours apprécier comme il se doit le grand spectacle présenté par "Narcos".

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